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CONTE: LES DEUX FILLES (PARTIE VIi)
VII. Le châtiment qui fut infligé à la jeune fille
laide comme un péché
La dame du château, le lendemain, fait
venir
La fille laide qui ne peut plus se tenir
Dans sa chambre et lui dit : « Mie,
quitte tes hardes
Et choisit des habits. » Alors elle
regarde
Les robes et choisit sans nulle
hésitation
La plus belle dans sa précipitation.
La dame du château la force alors à
prendre
La plus déchirée et sale, couleur de
cendre.
Le lendemain elle lui ouvre un coffre
imposant
Rempli d’orfèvreries et de rubis
luisants,
Et lui dit : « Prends, ma mie,
ce que tu désires. »
La fille laide, avec un méchant sourire,
Prends quadruples d’Espagne ainsi que
bagues d’or.
Comme pour la robe elle en a bien des
remords :
La dame du château bientôt les lui
enlève,
A la fille laide qui fait de beaux rêves
Donnant une bague de cuivre et deux
liards.
Le jour suivant elle se réveille fort
tard ;
La dame du château lui montre l’écurie
Et de choisir une monture elle la prie.
La fille laide alors, comprenant
toujours mal
Le sens de l’épreuve, prend le plus beau
cheval,
La plus belle bride et la plus belle
selle.
La dame du château va choisir pour elle
Un âne et un licou de corde, lui disant
Lui aussi de partir, et lui interdisant
De lever, hormis à la côte, sa tête.
Elle s’en va alors sur sa méchante bête,
Lève la tête et voit tomber sur ses
cheveux
Trois bouses de vache, marche pourtant
et veut.
En chemin elle voit venir un ivrogne
Qui chancelle et jure, sale comme un
peigne,
Et lui dit, la trouvant bien à son goût :
« Demain
Tu seras ma femme, ou tu mourras de mes
mains. »
Elle devient sa femme. Il continue à
boire
Comme un trou, ne rentrant chez lui qu’à
la nuit noire,
Et le cœur sans pitié et aussi sans
amour,
Rosse son épouse vingt fois tous les
jours.
[FIN DU CONTE: LES DEUX FILLES]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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jeudi 3 mai 2018
Conte: Les deux filles (Partie VII)
mercredi 2 mai 2018
Conte: Les deux filles (Partie VI)
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CONTE: LES DEUX FILLES (PARTIE Vi)
VI. Ce que devint la jeune fille, et la jalousie de
sa belle-sœur
« Ah, non ! Grâce pour eux !
S’écrie la jeune fille,
Noble prince, épargnez ma seule famille !
Je vous supplie de ne point leur faire de
mal. »
Le prince crie comme un aigle sur son
cheval :
« Mon lévrier rouge dont je suis le
maître
S’occupera d’égorger ces horribles
êtres. »
« S’il plaît à Dieu, prince,
daignez n’en faire rien.
Épargnez-les pour moi. » « Vous
le voulez, eh bien,
Pour que j’épargne la vie de ces infâmes
Indignes de votre pitié, soyez ma femme. »
« J’y consens, mon prince, mais
laissez-les vivants. »
Le prince l’épouse donc le jour suivant,
La jolie fille est fort heureuse et
devient dame,
La plus grande de tout le pays et son
âme.
Sa laide belle-sœur apprend son fameux
sort
Et jalouse de sa gloire jusqu’à la mort,
Se dit : « Je vais aller à ce
bois comme elle
Pour épouser un prince et devenir celle
Qui sera la reine d’un royaume plus
grand. »
Elle va donc au bois, comme sa sœur
errant,
Trouve le grand château et frappe à la
porte :
« Pan ! pan ! pan ! » «
Qui est là ? » D’une voix forte
Le laideron répond : « Une
fille au bon cœur
Abandonnée par sa marâtre et par sa sœur !
Je demande seulement à manger et un
gîte. »
La dame du château aussitôt l’invite
A entrer, et elle mange dans le palais
En donnant des ordres bien grossiers aux
valets
Et montrant du mépris aux pauvres
servantes
Que la laideur de son visage épouvante.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 1 mai 2018
Conte: Les deux filles (Partie V)
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V. Le diadème que reçut la jeune fille, et son
compagnon de voyage
En haut de la côte qui s’endort et rêve,
Comme convenu la jeune fille lève
La tête et elle attend. Du sombre
firmament
Qui la contemple avec émerveillement,
Deux étoiles descendent en brillant, se
posant
L’une sur son menton et l’autre luisant
Sur sa tête comme un céleste diadème.
La fillette marche comme une bohème
Et voit un jeune homme de chasse revenu.
Monté sur un cheval noir, le noble
inconnu
Est suivi par neuf chiens lévriers :
trois sombres
Comme le charbon ou une nuit pleine
d’ombre,
Trois rouges comme le feu, les trois
autres blancs
Comme du lait. Elle les contemple en
tremblant,
Mais le chasseur dit à la belle
cavalière :
« Demoiselle, je suis le prince d’Angleterre.
J’ai roulé le monde pendant sept ans
entiers
Et je n’ai jamais vu dans mes lointains
sentiers
Aucun homme aussi fort et hardi que
moi-même.
Permettez que je sois, princesse au beau
diadème
Et au beau visage, les deux pleins de
rayons,
Votre défenseur et votre compagnon. »
La jeune fille dit : « Merci,
prince noble,
Je connais mon chemin, mais, hélas !
je tremble
De ma marâtre qui ne veut pas me revoir
Et qui de me perdre s’est fait son
devoir
Et a menacé mon père pour qu’il l’aide,
A cause de sa fille aussi sombre que
laide. »
Le prince est courroucé ; sifflant
ses lévriers,
Il tire son épée, avant de s’écrier :
« Montrez-moi sa maison, gente
demoiselle.
Pour vous je combattrai avec force et
zèle,
Je ferai dévorer par mes bêtes sans cœur
Votre père, votre marâtre et votre sœur. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 30 avril 2018
Conte: Les deux filles (Partie IV)
CONTE: LES DEUX FILLES (PARTIE iv)
IV. Les présents que la dame du château fit à la
jeune fille, et ce qu’elle lui commanda de faire
« Qui frappe ? » « Je
ne suis qu’une pauvre fille
Abandonnée dans les bois par sa famille,
Qui vient vous demander à souper et
loger. »
La dame du château, appelant, l’envoie
manger
Dans la cuisine, avec valets et
servantes,
Et lui commande un bon lit. Sans
épouvante,
La jolie fillette, vraiment fatiguée,
dort
D’un sommeil paisible et aussi lourd que
la mort.
La dame, le lendemain, lui ouvre la
porte
D’un cabinet tout plein de robes de cent
sortes.
« Jolie fille, lui dit-elle, fais-moi
plaisir
Et quitte tes hardes. Tu n’auras qu’à
choisir
La robe que tu veux. » La jeune
fille semble
Réfléchir, puis prend la plus laide,
étant humble.
La dame du château la lui ôte des mains
Et lui donne la plus belle. Le
lendemain,
Elle lui montre, dans une pièce plus
grande,
Remplie de plus belles et radieuses
offrandes,
Des pièces d’or, d’argent, de cuivre,
des diamants.
La dame du château lui dit : « Tes
doigts charmants
Méritent ce qu’il y a de plus cher et
noble.
Prends tout ce que tu veux. » La
jeune fille tremble,
Réfléchit longuement, et ne prend que
deux liards
Et une bague de cuivre à l’éclat hagard.
La dame du château lui ôte sa ferraille
Et la charge, au lieu de cette
pierraille,
De diamants, de bagues, de pendeloques d’or.
Comme d’habitude la jeune fille dort ;
La dame du château, le lendemain, la
prie
D’aller avec elle pour voir son écurie
Remplie de rares et de nobles animaux.
Sans regarder les plus majestueux
chevaux,
Elle prend un licou de corde et un âne.
La dame du château toutefois lui donne
Le cheval, la bride et la selle les plus
beaux,
Et elle lui dit : « Sans
retourner au château,
Reviens dans ton pays. En haut de cette
côte,
Là-bas, lève la tête et lève-la bien
haute,
Et attend. » La jeune fille lui dit
merci
En montant à cheval pour repartir ainsi.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 28 avril 2018
Conte: Les deux filles (Partie III)
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CONTE: LES DEUX FILLES (PARTIE IiI)
III. Ce qui arriva à la jeune fille abandonnée pour
la troisième fois par son père
La jeune fille, qui avait tout entendu,
Alla voir sa marraine et croyait tout
perdu.
Mais elle lui avait dit, sa bonne
marraine
De remplir, cette fois, ses poches de
graines
De lin. La jeune fille effrayée le fit
Et alla ensuite se remettre à son lit.
Le lendemain matin, à son réveil, son
père
Vint et lui dit : « Allons
dans les bois, ma chère,
Chercher des champignons. » La
fillette, en marchant,
Jetait ses graines de lin doucement en
cachant
Ses mains dans ses poches. Comme d’habitude
Son père la laissa avec sa solitude
Et s’enfuit. Elle fut le soir à la
maison.
Or sa marâtre, la haïssant sans raison,
Voulait toujours la perdre, et la pauvre
petite
Alla chez sa marraine, et elle lui dit :
« Vite,
Va remplir tes poches, mais de graines
de mil.
Ta belle-mère est un être méchant et
vil. »
La fillette le fit. Elle alla dès l’aurore
Avec son père au bois, et une fois
encore
Il voulait la perdre. En lui cachant ses
deux mains
Elle semait son mil partout dans son
chemin ;
Son père s’en alla. La jolie fillette
En voulant retrouver son chemin s’arrête :
Les pies ont tout mangé ! La
pauvrette, cherchant
Quelque asile, s’en va, dans les ombres
marchant,
Et arrive bientôt à un château qui
semble
Plus grand que la ville d’Agen. Elle
tremble,
Hésite, pense à s’en aller, enfin
frappant
A la porte trois fois, elle fait : « Pan !
pan ! pan ! »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 26 avril 2018
Conte: Les deux filles (Partie II)
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CONTE: LES DEUX FILLES (PARTIE II)
II. La jeune fille retrouvant le chemin de la maison
Le père et sa fille partirent pour le
bois,
Silencieux tous les deux, muets et sans
voix.
Le père était triste et devenait tout
tendre,
Sa fille semait sur son chemin les
cendres,
De sa bonne marraine écoutant les
conseils.
Alors que se couchait lentement le
soleil,
Le père se jeta comme une belette
Dans un fourré, laissant sa fille
seulette,
Et les larmes aux yeux s’en retourna
chez lui.
Sa méchante femme l’attendait : « Je
suis,
Lui dit-elle, aise de ne point revoir ta
fille.
Alors, l’as-tu fait ? » « Oui,
j’ai trahi ma famille. »
« Voyons, voyons ! Tu n’as pas
cependant trahi
Ta femme, et tu auras ta bouillie de
maïs. »
Le bonhomme mangeait en songeant à sa
chère
Lâchement abandonnée par son propre
père,
Et se disait : « Ah ! si
ma pauvrette était là !
Comme elle mangerait avec plaisir !
Hélas !
C’est l’enfer qui m’attend, et non la
lumière ! »
Tout à coup la jeune fille lança : « Père,
Bonsoir ! » Car elle avait
retrouvé son chemin
Et avait encore de la cendre aux deux
mains.
Le père fut content de revoir la petite,
L’embrassa tendrement et lui donna vite
A manger, car la pauvre avait vraiment
grand faim.
La marâtre lui dit : « Tu es
bien bête, enfin !
Tu ne l’as pas conduite assez loin,
compère !
Mais demain, cher mari, tu vas le
refaire,
Et je veux, cette fois, la perdre pour
de bon. »
Ne pouvant dire à ce monstre de femme
non
Et comme l’autre fois tremblant de sa
colère,
Son mari répondit : « Demain
je vais te plaire. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 25 avril 2018
Conte: Les deux filles (Partie I)
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CONTE: les deux filles (PARTIE I)
I. Le sort cruel qu’une marâtre réserva à sa
belle-fille
Il y avait une
fois un homme et une femme
Dont la fille
était belle et avait une âme
Aussi blanche
que son visage souriant,
Et dont les yeux
étaient deux astres brillants.
Le bonhomme,
aussitôt sa bonne femme morte,
Se remaria avec
une autre, méchante et forte,
Qui eut une
fille laide comme un péché ;
Plus grande,
elle semblait un grand chêne séché,
Bien qu’elle fût
très jeune, et sa sœur vénérable
Embellissait et
n’en était que misérable
Car sa
belle-mère la rossait tous les jours,
Et pour sa seule
fille avait un grand amour.
Enfin lasse d’elle,
l’ignoble marâtre
Dit à son homme :
« Prends ta fille folâtre
Et va la perdre,
car elle ne sert à rien. »
L’homme aimait
sa fille, mais comme d’un grand chien
Avait peur de sa
femme, et lui dit : « Je m’en charge. »
Et résolut ainsi
de perdre son ange.
La jeune fille
était bien cachée, cependant,
Derrière la
porte du logis ; entendant
La chose, elle
alla la conter à sa marraine.
Cette dernière
lui dit : « Reste sereine
Et remplis tes
poches de cendres, qu’en chemin
Tu sèmeras comme
des graines des deux mains.
Tu retrouveras
ainsi ta route, ma chère. »
Et la jolie
fille, loin de sa belle-mère
Alla le faire.
Son père vint la chercher :
« Ma fille,
allons, lui dit-il, dans les bois chercher
Des champignons ».
Et sa fille, sans rien dire
Le suivit en
gardant son innocent sourire.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 12 juin 2015
Conte: L'anneau de la princesse (Partie II)
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CONTE: L'ANNEAU DE LA PRINCESSE (PARTIE Ii)
II. Ce que le jeune seigneur fit pour sauver sa
princesse et en devenir l’époux
Le cavalier et sa rapide monture
Voyagèrent longtemps, épris de l’aventure,
Avant qu’ils n’arrivassent au royaume
lointain
De l’aigle ravisseur et sombrement
hautain.
Ils atteignirent après sept jours de
voyage
Le bord de la mer. Nul vaisseau en
mouillage
N’était perceptible en ce rivage
oublieux.
Le royaume de l’aigle, qu’on voyait au
milieu,
Etait dans une île, hélas, inabordable.
« Comment parcourrons-nous la mer
insondable ? »
Demanda le seigneur à son cheval.
Marchons
Encore quelques jours et un marin
cherchons. »
Le cheval, sans rien dire à son maître pâle,
Partit sans s’enfoncer dans les ondes
fatales ;
Comme l’éclair rapide et en bravant les
flots,
Ils arrivèrent à l’île sans se mouiller
par l’eau.
On entendit des cris affreux et
sauvages,
C’étaient les aigles, de les voir dans
leur rivage
Fort mécontents. Sur eux, sans nul
discernement,
Ils tombèrent, frappant avec acharnement
De leurs becs les intrus qui foulaient
leur retraite
Qu’ils désiraient garder sans doute
secrète.
Mais le brave cheval, qui était
enchanté,
Les assaillit aussi sans être épouvanté,
En tua un grand nombre et montra son
courage.
Or l’aigle ravisseur, grand et rempli de
rage,
Arriva tout à coup et saisit le seigneur
Par les habits, puis le puissant oiseau
grogneur
S’éleva dans les airs en emportant sa
proie.
Tous les aigles crièrent en signe de
joie,
Et le cheval, vaincu et bien désespéré,
Se coucha sur l’herbe, triste et dos
lacéré
Par les griffes de ses assaillants
farouches.
Le grand aigle emporta, léger comme une
mouche,
Jusqu’aux nues le seigneur au cœur empli
d’effroi.
L’île était son royaume et il était le
roi
De ces bêtes sauvages, à ses ordres
dociles.
Il l’avait l’intention, chose qu’il crut
facile,
De laisser le seigneur tomber d’un haut
endroit.
Mais malgré sa frayeur rusé et fort
adroit,
Il prit une corde qu’il avait dans sa
poche
Et au milieu du corps, comme une lourde
roche,
S’étant lié, aux pattes de l’aigle il
attacha
L’autre bout de la corde. L’animal le
lâcha,
Ne s’étant aperçu de rien ; mais sa
victime
Dont il ne tint pas la ruse en haute
estime
L’entraîna à son tour et arriva sans mal
A l’île. Le seigneur éventra l’animal
Et il trouva l’anneau. Ô joie
incomparable !
Il remonta sur son cheval vénérable
Et il partit au grand galop, car il restait
Un jour à vivre à sa belle qui s’attristait.
Le roi et la reine s’affligeaient et
pleuraient
De voir périr leur jeune fille qu’ils
adoraient.
La princesse songeait à son brave
sauveur :
« Hélas ! disait-elle, sa
fatale ferveur
Le conduira bientôt à la mort, ô alarmes ! »
Et la pauvre princesse versait mille
larmes.
Mais au même moment elle entendit venir
Son amant triomphant et qu’avant de
bénir
Tous entourèrent et de questions
accablèrent.
Le roi et la reine de son échec
tremblèrent,
Mais il avait l’anneau et courut, fort
heureux,
Le mettre au doigt de celle dont il est
amoureux
Et qui devint, par là, sa légitime
épouse,
Ce qui rendit mille âmes de son bonheur
jalouses.
Les fêtes durèrent trente jours entiers
Et on mangea et but sans faire de
quartier.
Plus tard, le prince et la princesse
montèrent
Sur le trône à leur tour et sagement
gouvernèrent
Leurs sujets qui étaient de leur règne
contents.
Ils moururent tous deux après plus de
cent ans
Et avaient douze fils comme eux bons et
justes
Et plusieurs petits-fils charmants et
robustes
Qui vécurent, eux aussi, heureux et sans
gémir,
Sans courir de hasards et sans jamais
frémir.
[FIN DU CONTE: L'ANNEAU DE LA PRINCESSE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 11 juin 2015
Conte: L'anneau de la princesse (Partie I)
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I. Comment la princesse perdit son anneau enchanté,
et ce qu’une fée recommanda à son filleul amoureux d’icelle de faire afin de le
retrouver
Jadis une
princesse de radieuse santé
Vivait et
possédait un anneau enchanté
Que sa bonne fée
lui donna à sa naissance.
Elle porta
toutefois à sa connaissance
Que si elle
perdait son anneau, elle allait
Mourir un an
après, et qu’il lui fallait
En prendre toujours
grand soin, afin que la vie
Par un destin
cruel ne lui fût point ravie.
La princesse
suivit ce conseil et garda
L’anneau
toujours au doigt. Elle se hasarda
A monter un
jour, pour voir le soleil reluire,
Sur la plus
haute tour, et se laissa séduire
Par la beauté de
cet astre qui la laissa
Eblouie au point
que son cher anneau lui glissa
Soudain de son
doigt blanc et tomba jusqu’à terre.
Or, en ce
moment, un grand aigle qui erre,
Aux vastes
ailes, le prit, d’un coup l’avala,
Poussa un cri
rauque et dans les airs s’en alla.
Quand les
parents de la princesse le surent,
Ils pensèrent la
mort de leur fille sûre
Et en furent
saisis d’un désespoir affreux.
On publia dans
le royaume que le preux
Qui ramènerait l’anneau
à la pauvre princesse
Serait son
époux. Les seigneurs, sans paresse,
Se mirent tous
en quête de l’oiseau ravisseur.
La cour fut
déserte ; comme des punisseurs,
Ils tuèrent tous
les aigles qu’ils trouvèrent
Et de trouver l’anneau
dans leurs ventres rêvèrent,
Mais celui qui
le prit s’était loin envolé.
Ses parents en
étaient tellement désolés
Qu’ils ne
pouvaient manger et point ils ne dormaient
Et pour leur
jeune fille qui pleurait s’alarmaient.
On fit venir des
fées. Malgré leurs grands pouvoirs,
Elles firent à
la princesse et ses parents savoir
Que si nul ne
ramenait l’anneau redoutable
La mort de la
princesse était inévitable.
Or, la jeune
princesse avait pour amoureux
Un seigneur de
son âge qui, le cœur douloureux,
Alla trouver la
fée qui était sa marraine.
« Ma bonne
fée, je dois sauver ma suzeraine,
Lui dit-il, d’une
mort qui me ferait périr,
Car je la chéris
et je la crois me chérir.
Dites-moi, ma
marraine, où est cet aigle infâme,
Pour que la
princesse vive et soit ma femme. »
Et la fée, qui
aimait tendrement son filleul,
Répondit : « des
aigles cet aigle est l’aïeul ;
Il est bien
loin. Pour que ta belle puisse vivre,
Prends ce savant
cheval ; tu n’auras qu’à le suivre
Et il te
conduira à lui, mon doux petit. »
Il la mercia,
monta à cheval et partit.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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