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hébé et l'aigle de jupiter
Hébé abreuvant l’aigle de Jupiter (1800- 1810)
Fille de Junon et de Jupiter
Et divinité de la Jeunesse,
Debout sur un nuage dans l’éther
Comme dans les bois une faunesse,
Hébé tend la coupe emplie de nectar
Et qu’elle tient comme une fleur sauvage,
A l’aigle de Jupiter, avatar
De son courroux et de son esclavage.
C’est le beau Ganymède qui maintenant
Nourrit les dieux et leur verse à boire,
Hébé est loin de l’Olympe, tenant
La coupe dorée à la bête noire,
De sa mère elle attelle les chevaux
Et elle prépare son char rapide
Et fait la même chose de nouveau
Quand se lève l’aurore limpide,
Et chaque soir, couronnée de ses fleurs,
Elle abreuve la bête redoutable
Qui semble assoiffée de sang et de pleurs,
En se souvenant de la vaste table
Près de laquelle elle passait souvent,
Brise emplie de parfums et légère,
En contemplant les dieux et en rêvant,
Enivrée par les chants et la lumière.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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samedi 4 mars 2017
Hébé et l'aigle de Jupiter
jeudi 16 août 2012
La tristesse du Soleil
La tristesse du Soleil
De reluire pour
les hommes et briller ici-bas
Pour être le pâle
témoin de leurs fautes !
Chaque matin, je
quitte l’Olympe à la cime haute
Et la couche de
Thétis, nymphe aux cheveux d’or
Qui doucement
sourit et paisiblement dort,
Et monté sur mon
char, la blanche Aurore
M’ouvre les portes
du jour qui hésite encore
A briller, et
attend, enfant craintif,
Contemplant comme
Ariane la mer et les récifs,
Que je vienne, le
flambeau à la main, de lumière
Emplir le monde
qui me dit des prières !
Jupiter, le
Zodiaque m’a vu errer souvent
Mu par quatre
chevaux rapides comme le vent,
Pour les mortels
quitter ma demeure éphémère
En laissant gémir
mes épouses amères
Qui me chérissent
et espèrent mon prompt retour,
Qui bénissent la
nuit et maudissent le jour
Et rêvent de mes
douces et amoureuses caresses
Au firmament
disant mon nom avec paresse ;
Les hommes sont
mauvais ! Pourquoi rayonner,
Pourquoi voir
leurs péchés et les leur pardonner ?
Leurs cœurs sont
pleins d’ombre, alors qu’ils y restent !
Ô, je les abhorre
comme ils me détestent !
Que leur monde
devienne une éternelle nuit ! »
Jupiter répondit
au Soleil qui reluit :
« Des dieux
de l’Olympe tu m’es le plus cher. Sache
Que mon cœur sera
triste et sombre si tu caches
Au monde et aux
hommes tes rayons éternels.
Tu brilles pour
les bons et pour les criminels
Et nulle douceur à
ta douceur n’est égale,
Mais si tu veux
plonger dans l’ombre fatale
Cet univers
maudit, que tout devienne hiver. »
Le monde devint d’un
linceul de nuit couvert,
Tout devint
ténèbres et tout devint solitude,
Les mortels, encor
plus farouches que d’habitude,
Etaient plus
criminels, plus voleurs, plus brigands,
Montraient l’épée
avec un sourire arrogant
Aux femmes et aux
vieillards dans leurs humbles chaumières ;
La pitié s’en alla
avec la lumière ;
Gloire aux plus
forts ! Et gloire aux gueux et aux méchants !
Aveuglés, les
hommes guidés par leurs penchants
Les plus mauvais,
étaient des vautours infâmes
Qui pillaient les
demeures et violaient les femmes
Publiquement,
houles qui s’abattent sur la mer,
Car tout était
cachette pour ces fauves de l’enfer
Et antre ténébreux
pour ces bêtes sauvages.
Le Soleil éploré,
voyant tous ces ravages,
Dit à Jupiter : « Ô,
ténèbres ! Ô, noirs péchés !
En voulant châtier
les hommes, je leur ai caché
L’aurore
rayonnante et le jour sublime,
Mais la nuit est
devenue l’alliée de leurs crimes !
Ils profitent des
ténèbres et du noir firmament
Pour voler sans
regret, tuer impunément
Et terrasser les
faibles ! Il faut que je rayonne,
Ils sont plus
féroces quand le jour les abandonne,
La nuit ne les
endort point, ces mortels maudits ! »
Jupiter, le
sourire aux lèvres, répondit :
« Va,
rayonne. Maintenant tu sais quel est ton rôle,
Ta lumière
adoucit, protège et console
Les veuves dans
leurs chaumières et les pauvres en haillons,
Et les hommes
pèchent moins sous les rayons. »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 15 juin 2012
La mort de Jupiter
La mort de Jupiter
Au sommet de l’Olympe,
mont aux rayons bénis,
Jupiter, Junon et
Mars s’étaient réunis,
Tandis qu’au-dessus d’eux
montait une fumée noire,
Ils devisaient. Hébé
leur apporta à boire.
Jupiter mit son
foudre à côté de lui
Et levant son verre
plein du nectar qui reluit,
Dit aux deux dieux
assis sur le même nuage :
« Mars, mon
frère, Junon, ma sœur. Les humains volages
Nous oublient et
brûlent sans peur nos temples déserts.
Les poètes impies ne
nous chantent plus des vers
Et au lieu de
trembler, rient quand ils entendent
Nos noms terrifiants !
De leurs douces offrandes
En nous dédaignant,
les insignifiants mortels
N’appesantissent plus
nos somptueux autels,
Ils adorent un dieu
sans nom et invisible
Qu’ils craignent sans
le voir et qu’ils disent terrible
Et tout-puissant. Ils
ploient devant notre rival
Leurs genoux, en
tremblant de son courroux fatal
Et en lui disant,
dans l’ombre et dans la lumière,
Pour qu’il leur
pardonne leurs péchés, nos prières !
Ils assassinent nos
fidèles adorateurs
Etouffés par l’encens,
victimes de leur fureur !
Nos frères ont péri
et nos sœurs sont mortes !
Je vois leurs dépouilles
que la mer emporte,
Que dévore la terre
et que consume le soleil,
L’univers est empli
de leurs lambeaux vermeils
Et des sombres
morceaux de leurs statues brisées.
Je suis le dieu des
dieux et des hommes la risée,
Moi, Jupiter, divin
maître du firmament !
Que devons-nous faire ? »
Mars songea un moment
En regardant la lame
de son épée énorme
Et répondit : « Les
hommes périront par leurs armes.
Dans les champs de
bataille, les frères s’occiront
Et le sang lavera
leur indicible affront !
Le père tuera le
fils, le fils tuera le père
Et les filles dans
leurs lits assassineront les mères
Puis dans leurs cœurs
remplis de honte et de remords
Plongeront leurs
dagues et se donneront la mort.
Par le loup et par le
vautour ! Leurs cris sombres,
Quand l’univers sera
plein de sang et d’ombre
Au lieu de leurs
prières, monteront jusqu’à nous
Et berceront notre
invincible courroux !
Quant à ce dieu
terrible, aux sangliers sauvages,
Aux hyènes et aux
lions qui le déchirent avec rage,
Je donnerai chaque jour
un morceau de lui. »
Junon caressa son
paon docile, puis
Dit à ses deux frères : « Ces
hommes misérables
Ne méritent que la
mort. Les mères coupables
Seront pareilles à
des arbres aux fruits pourris,
Dans leurs ventres je
tuerai leurs enfants amaigris
Par la faim, et leurs
seins, devenus soudain vides,
A leurs enfants qui
naissent seront homicides,
Car je pense aussi à
les emplir de poison.
Leurs maris, leur
cherchant querelle sans raison,
Fous de jalousie, les
croiront infidèles,
Les tueront et
tueront leurs amants avec zèle
Puis, lucides à nouveau,
périront de dépit
En voyant leurs
dépouilles et pleurant sans répit ! »
Jupiter sourit et dit :
« C’est bien. Ils doivent
Tous périr, et leur sang
rougira les fleuves,
Les ondes des
ruisseaux et les flots de la mer.
En flamme je vais
bientôt transformer l’univers,
Mon foudre que voici
sur ces téméraires
Va tomber, et de vos
supplices sanguinaires,
Pour ne point vous
priver de la joie d’écouter
Leurs râles, ils
gémiront dans l’ombre, épouvantés ! »
Et changeant en
actions ses cruelles paroles,
Le roi des dieux prit
son foudre qui immole
Tout ce qu’il touche,
et reluisant dans sa main,
S’apprêta à le faire
tomber sur les humains.
Soudain une voix
lugubre et farouche
Sortit du néant qui
semblait ouvrir la bouche
Et dans l’immensité
vaste hurla : « Jupiter ! »
Pareil au soleil qui
se lève dans l’éther,
Un robuste vieillard,
tout blanc et sublime,
Apparut. Il avait l’air
doux et magnanime
Quand on regardait
les ténèbres de ses yeux.
A ses côtés deux
hommes ailés et radieux
Se tenaient debout et
armés de leurs épées.
Les trois dieux frémirent.
Nul chant, nulle épopée
Ne louaient les travaux
de ces fiers inconnus.
Dans la main royale
le foudre était devenu
Cendre, et Jupiter
qui le tenait resta pâle.
Sans bouger, sans
dire la moindre parole,
Le vieillard terrible
et qui n’avait point de nom
Tua avec une pensée
Mars et Junon
Et dit à Jupiter :
«Les hommes et le monde
M’appartiennent. Dans
la mer je fais rugir l’onde,
C’est moi qui fais
surgir les épis des sillons,
Qui emplis la nuit d’ombre
et le jour de rayons
Et mets l’enfant dans
le sein de la mère ravie.
Je donne la mort et
je donne aussi la vie.
Jupiter, je suis
Dieu. Ces êtres que tu vois
Sont mes fidèles
soldats et n’obéissent qu’à moi.
Je les ai créés de
feu et les hommes de fange
Et j’ai moi-même
appelé ces vaillants archanges
Michel et Gabriel.
Sache qu’ils sont plus puissants
Que toi et tous tes
frères réunis. Innocents,
Ils ne font point le
mal et ils obéissent.
Obéis toi aussi pour
que je te bénisse,
Sois mon prophète, si
tu veux être sauvé. »
Jupiter ricana et dit :
« Tu as rêvé !
Je t’occirai et je
ressusciterai mes frères,
Et je te châtierai,
vieillard, comme mon père ! »
L’univers tout entier
entendit un grondement
Quand Jupiter tomba
du radieux firmament
Cadavre foudroyé et
accablé de chaînes
Comme une feuille
tombe en hiver d’un grand chêne.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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