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MArs l'immortel
Le vieux Mars,
fier et vivant,
Alors que ses
divins frères
Au Tartare se
suivant,
Sont morts comme
leur père,
Plein d’une
douce fureur,
Contemple le
vacarme,
Les massacres,
les erreurs
Et les nouvelles
armes
Qui font d’innombrables
morts
Et qui sont invisibles
Comme l’invisible
sort
Et comme lui
terribles.
Et Mars s’écrie :
« Mes enfants,
Battez-vous, mes
créatures !
Soyez forts et
triomphants,
Telle est votre
nature !
Aucune divinité
N’est désormais
adorée,
Mais moi, ô
humanité
Bien-aimée et
abhorrée,
Vous m’adorerez
toujours !
Mon temple est
votre monde
Bien éphémère est
l’amour,
Et la haine est
profonde
Comme la nuit et
la mer !
Comme des bêtes
braves,
Battez-vous mes
fils, mes chers
Et éternels
esclaves ! »
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mardi 22 mai 2018
Mars l'immortel
jeudi 4 juin 2015
Conte: Le berger et le mois de mars
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CONTE: le berger et le mois de mars
Prospère et que
le ciel clément et bon aidait,
Il y avait un
berger jadis qui possédait
Des bêtes
nombreuses comme les grains de sable
Et implorait les
mois d’être favorables,
Pour son
troupeau empli d’un religieux effroi
Quand l’hiver
revenait et apportait le froid.
Les mois, qui
exauçaient toujours ses prières,
Lui furent
propices de la même manière,
Car jamais il ne
les vit soudain hargner,
Et ses brebis et
ses moutons furent épargnés.
Mars ne lui
envoya point avec perfidie
Ni pluie, ni
grêle, ni aucune maladie,
Qui pussent détruire
son troupeau bien-aimé.
Content de n’en
avoir point été alarmé,
Le berger, au
dernier jour du mois difficile,
Se mit à l’insulter : « Tu
as été docile
Comme une
fillette ! Tu as épouvanté
D’autres
troupeaux avec tes hasards fort vantés,
Mais moi, je ne
te crains plus ! Bonjour les grives,
Adieu les
maladies ! Le printemps arrive !
Disparais, Mars
maussade, porteur de mille maux,
Tu ne peux faire
aucun mal à mes animaux ! »
Mars l’entendit,
furieux de son ingratitude,
Et se plaignit
ainsi de son attitude
Auprès d’Avril
son frère : « Ô, seigneur des vergers,
Pour que je me
venge de ce petit berger
Et qu’il se
repente de son insolence,
Prête-moi, pour
que je lui montre ma violence
Et pour qu’il
soit châtié, frère, trois de tes jours. »
Et Avril, qui l’aimait,
lui prêta son secours
Et les lui
donna. Mars courroucé qui erre
Parcourut en hurlant
le ciel et la terre,
Rassembla tempêtes,
fléaux, orages et vents,
Et les déchaîna
sur le troupeau en rêvant.
Au premier jour
moutons et brebis moururent,
Au deuxième
agneaux, au troisième disparurent
Toutes les
autres bêtes, emportées par la mort,
Et l’insolent
berger en eut bien des remords.
[FIN DU CONTE: LE BERGER ET LE MOIS DE MARS]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 15 juin 2012
La mort de Jupiter
La mort de Jupiter
Au sommet de l’Olympe,
mont aux rayons bénis,
Jupiter, Junon et
Mars s’étaient réunis,
Tandis qu’au-dessus d’eux
montait une fumée noire,
Ils devisaient. Hébé
leur apporta à boire.
Jupiter mit son
foudre à côté de lui
Et levant son verre
plein du nectar qui reluit,
Dit aux deux dieux
assis sur le même nuage :
« Mars, mon
frère, Junon, ma sœur. Les humains volages
Nous oublient et
brûlent sans peur nos temples déserts.
Les poètes impies ne
nous chantent plus des vers
Et au lieu de
trembler, rient quand ils entendent
Nos noms terrifiants !
De leurs douces offrandes
En nous dédaignant,
les insignifiants mortels
N’appesantissent plus
nos somptueux autels,
Ils adorent un dieu
sans nom et invisible
Qu’ils craignent sans
le voir et qu’ils disent terrible
Et tout-puissant. Ils
ploient devant notre rival
Leurs genoux, en
tremblant de son courroux fatal
Et en lui disant,
dans l’ombre et dans la lumière,
Pour qu’il leur
pardonne leurs péchés, nos prières !
Ils assassinent nos
fidèles adorateurs
Etouffés par l’encens,
victimes de leur fureur !
Nos frères ont péri
et nos sœurs sont mortes !
Je vois leurs dépouilles
que la mer emporte,
Que dévore la terre
et que consume le soleil,
L’univers est empli
de leurs lambeaux vermeils
Et des sombres
morceaux de leurs statues brisées.
Je suis le dieu des
dieux et des hommes la risée,
Moi, Jupiter, divin
maître du firmament !
Que devons-nous faire ? »
Mars songea un moment
En regardant la lame
de son épée énorme
Et répondit : « Les
hommes périront par leurs armes.
Dans les champs de
bataille, les frères s’occiront
Et le sang lavera
leur indicible affront !
Le père tuera le
fils, le fils tuera le père
Et les filles dans
leurs lits assassineront les mères
Puis dans leurs cœurs
remplis de honte et de remords
Plongeront leurs
dagues et se donneront la mort.
Par le loup et par le
vautour ! Leurs cris sombres,
Quand l’univers sera
plein de sang et d’ombre
Au lieu de leurs
prières, monteront jusqu’à nous
Et berceront notre
invincible courroux !
Quant à ce dieu
terrible, aux sangliers sauvages,
Aux hyènes et aux
lions qui le déchirent avec rage,
Je donnerai chaque jour
un morceau de lui. »
Junon caressa son
paon docile, puis
Dit à ses deux frères : « Ces
hommes misérables
Ne méritent que la
mort. Les mères coupables
Seront pareilles à
des arbres aux fruits pourris,
Dans leurs ventres je
tuerai leurs enfants amaigris
Par la faim, et leurs
seins, devenus soudain vides,
A leurs enfants qui
naissent seront homicides,
Car je pense aussi à
les emplir de poison.
Leurs maris, leur
cherchant querelle sans raison,
Fous de jalousie, les
croiront infidèles,
Les tueront et
tueront leurs amants avec zèle
Puis, lucides à nouveau,
périront de dépit
En voyant leurs
dépouilles et pleurant sans répit ! »
Jupiter sourit et dit :
« C’est bien. Ils doivent
Tous périr, et leur sang
rougira les fleuves,
Les ondes des
ruisseaux et les flots de la mer.
En flamme je vais
bientôt transformer l’univers,
Mon foudre que voici
sur ces téméraires
Va tomber, et de vos
supplices sanguinaires,
Pour ne point vous
priver de la joie d’écouter
Leurs râles, ils
gémiront dans l’ombre, épouvantés ! »
Et changeant en
actions ses cruelles paroles,
Le roi des dieux prit
son foudre qui immole
Tout ce qu’il touche,
et reluisant dans sa main,
S’apprêta à le faire
tomber sur les humains.
Soudain une voix
lugubre et farouche
Sortit du néant qui
semblait ouvrir la bouche
Et dans l’immensité
vaste hurla : « Jupiter ! »
Pareil au soleil qui
se lève dans l’éther,
Un robuste vieillard,
tout blanc et sublime,
Apparut. Il avait l’air
doux et magnanime
Quand on regardait
les ténèbres de ses yeux.
A ses côtés deux
hommes ailés et radieux
Se tenaient debout et
armés de leurs épées.
Les trois dieux frémirent.
Nul chant, nulle épopée
Ne louaient les travaux
de ces fiers inconnus.
Dans la main royale
le foudre était devenu
Cendre, et Jupiter
qui le tenait resta pâle.
Sans bouger, sans
dire la moindre parole,
Le vieillard terrible
et qui n’avait point de nom
Tua avec une pensée
Mars et Junon
Et dit à Jupiter :
«Les hommes et le monde
M’appartiennent. Dans
la mer je fais rugir l’onde,
C’est moi qui fais
surgir les épis des sillons,
Qui emplis la nuit d’ombre
et le jour de rayons
Et mets l’enfant dans
le sein de la mère ravie.
Je donne la mort et
je donne aussi la vie.
Jupiter, je suis
Dieu. Ces êtres que tu vois
Sont mes fidèles
soldats et n’obéissent qu’à moi.
Je les ai créés de
feu et les hommes de fange
Et j’ai moi-même
appelé ces vaillants archanges
Michel et Gabriel.
Sache qu’ils sont plus puissants
Que toi et tous tes
frères réunis. Innocents,
Ils ne font point le
mal et ils obéissent.
Obéis toi aussi pour
que je te bénisse,
Sois mon prophète, si
tu veux être sauvé. »
Jupiter ricana et dit :
« Tu as rêvé !
Je t’occirai et je
ressusciterai mes frères,
Et je te châtierai,
vieillard, comme mon père ! »
L’univers tout entier
entendit un grondement
Quand Jupiter tomba
du radieux firmament
Cadavre foudroyé et
accablé de chaînes
Comme une feuille
tombe en hiver d’un grand chêne.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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