dimanche 27 janvier 2019

Infini de rue

infini de rue

Tenant la main à deux cafés minables
Et à d’antiques et petites maisons,
La vaste rue allait, interminable
Sous le soleil éteint de la saison.

Elle marchait avec les marcheurs blêmes
Appesantis de leurs pesants manteaux,
Et semblait avoir froid elle-même
Et espérer les climats orientaux,

Elle implorait les vieux réverbères
Cassés comme le dos d’un portefaix,
Ténébreux gibets sans lumière,
De reluire comme le soleil fait,

Elle rêvait d’un ciel plus limpide
D’aurores, de brises et de printemps,
Tandis que des passants les pas rapides
La chagrinaient comme le mauvais temps !

Elle semblait une vaste mer grise
Dont les deux rivages sont les trottoirs,
De tous ses marins toujours éprise,
Et dont les flots ne peuvent se mouvoir,

Sur l’homme qui va et l’homme qui erre
Veillant, montrant et cachant le chemin,
Triste, malgré tout, comme un pauvre hère
Au ventre balafré comme sa main.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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