dimanche 19 avril 2020

Duel de névrosées

duel de NÉVROSÉES 

La Vérité dit à l’Illusion : « Je règne
Sur le cœur de l’homme, sans moi son esprit saigne,
Blessé par ton dard et blessé par ton poison !
L’homme, ma sœur, n’a pas besoin de la raison
Pour vivre : il a besoin du rêve et du mensonge !
Plus que les théories il aime les songes,
Le visage d’une femme plus que le tien,
Et il aime le Beau, mais n’aime pas le Bien !
Je te le dis, ma sœur, je suis la lumière,
Je fais un grand palais de l’étroite chaumière,
Du plus faible flambeau le plus radieux soleil,
Et rien dans ce monde ne me sera pareil ! »

La Vérité ricane et s’écrie : « Pauvre sotte !
L’homme a toujours aimé les femmes idiotes,
Moi je suis auguste, et je montre le chemin
À tout ce qui existe et à tous les humains !
Sois visible, d’abord, pour que je te réponde !
De loin on voit la mer, on ne voit pas les ondes,
C’est moi qui suis l’écueil, c’est moi qui suis le port,
Je sais toute la vie, je sais toute la mort ! »

Folles échevelées qui crient sous la lune,
La commère blonde et la commère brune,
Se battent, et les lambeaux de cheveux et de chair
Tombent comme la pluie de leurs corps pleins d’hiver.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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