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samedi 20 juin 2020

Re-Les poissons écaillés aiment les moites eaux

RE-les poissons écaillés aiment les moites eaux

D’après le poème  « Lespoissons écaillés aiment les moites eaux » de Jean-Baptiste Chassignet (1571 – 1635), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Les poissons écaillés aiment les moites eaux,
Les fleuves et les lacs : les animaux sauvages
Aiment les bois touffus, les creux et les bocages.
Et l’air doux et serein est aimé des oiseaux.

Tout ici-bas a son amour et sa maison,
La Nature est toujours douce et hospitalière,
Elle ouvre ses portes pleines de lumière
À tous les êtres et à toutes les saisons,

Hôtesse, elle sourit aux fragiles vivants,
Elle donne son eau, ses rayons et son ombre
À ses créatures bénies et sans nombre
Et qu’elle contemple tous les jours en rêvant.

Il est pourtant une douleur qu’elle ne peut
Voir, malgré sa bonté, et qu’elle ignore,
Celle de l’exilé marchant loin de l’aurore
Qui rêve comme la création et qui veut

Retrouver le chemin de ceux qui lui sont chers.
Pour lui, elle ne fait pas briller ses étoiles,
Dans la tempête il va, pareil à la voile
Qui ne peut éviter les écueils de la mer.

Elle ne le voit pas, ce sinistre marcheur
Perdu dans les sentiers éternels de la vie,
Et elle rayonne, de sa beauté ravie
Et ne songeant qu’à ses ruisseaux et à ses fleurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 28 mai 2020

Re-Au bord tristement doux des eaux, je me retire

RE-au bord tristement doux des eaux, je me retire

D’après le poème  « Au bord tristement doux des eaux, je me retire » de Jacques Davy du Perron (1555 – 1618), duquel je ne garde ici que la première strophe.

Au bord tristement doux des eaux, je me retire,
Et vois couler ensemble, et les eaux, et mes jours,
Je m'y vois sec, et pâle, et si j'aime toujours
Leur rêveuse mollesse où ma peine se mire.

Autre Narcisse, je ne vois pas mon visage ;
Dans toutes les sources je vois mon cœur sanglant,
Assailli sans pitié par les désirs violents
Et que le temps qui passe a rendu plus sage,

Et je vois mon esprit, comme un gaz toxique,
Se répandre dans l’air et contaminer l’eau,
Devenir un nuage et devenir un flot
Qui casse les folies modernes et antiques,

Tempête emportant les débris des idoles
Et les poussières dorées des illusions !
Les fausses prophéties et les fausses visions,
Tout cela devant moi s’enflamme et s’envole !

Ma douleur vient de l’ignorance et des mensonges
De ces vilains qui parlent et qui ne savent pas,
Et d’écraser ces vers de terre je suis las
Et je préfère me cacher dans mon songe !

Ils m’entendront gronder, cependant, ces infâmes !
Je gronderai comme un tonnerre et un volcan,
Et tous ces ignorants ne sauront jamais quand
Mes paroles tomberont sur eux, flèches de flamme !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène