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RE-ma mère
D’après le poème « Ma mère » d’Émile
Nelligan (1879 – 1941), duquel je ne garde ici que les deux premiers vers.
Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,
Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures,
Et comme bien souvent je ne suis pas là,
En touchant mon portrait avec ses doigts las,
Elle me demande à toute la nature,
À ses meubles anciens, aux choses futures,
À tous les coins emplis d’ombre de sa maison,
À l’aurore, à la nuit, à toutes les saisons,
À tout ce qui chante et à tout ce qui passe !
Pardon, je t’ai rendue, mère, inquiète et lasse,
Ma vie est, toutefois, un dangereux sentier,
C’est un orage qui va dans le monde entier
Et qui m’emporte loin de tous ceux que j’aime ;
Écoute-moi, ma mère, et ne sois pas blême :
Sais-tu qui nous sommes en vérité, maman ?
Poussières répandues sous le grand firmament,
Nous allons aux Frances et nous allons aux Allemagnes.
Mais tu connais ton fils : je suis une montagne.
Par la grâce de Dieu aussi sage que fort,
J’ai maintes fois perdu le doux chemin du port,
Mon cœur a maintes fois été pris pour cible,
Des dards y sont restés, bien qu’ils soient invisibles,
Et des épées cassées et des morceaux de bois,
J’ai été assailli par tout ce que tu vois,
Je suis presque aussi dur que le fer et la pierre,
Mais lorsque ton souvenir, pareil à la lumière,
Pareil au soleil, se lève dans mon esprit,
Ton image me berce et ta voix m’attendrit.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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samedi 16 mai 2020
Re-Ma mère
lundi 12 décembre 2016
Un naufrage
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un naufrage
Pierre-Émile
Berthélemy, Après la tempête (1859)
Le
vaisseau brisé par la mer sauvage,
Les
voiles déchirées, les mâts cassés,
Vêtu
de haillons, sommeille, lassé,
Comme
un pauvre hère sur le rivage.
Il
n’est plus qu’un débris hideux, immense !
Loin
du doux port il s’est aventuré
Et
l’orage bourreau l’a torturé !
Fouetté
par les flots sans clémence,
Flagellé
par la houle qui gronde,
Ecartelé
enfin par les écueils,
Il
a fait porter des habits de deuil
A
cent veuves maudissant les ondes !
La
tempête fut tellement violente
Que
tout périt ; pâles et sans linceuls,
Loin
de leur fils et de leurs femmes, seuls,
Des
marins aux poitrines sanglantes
Sont
jetés sur la paisible grève,
Pareils
à de nauséabonds déchets,
Viande
ensanglantée pendue au crochet,
Et
tout cela pourrit lentement et rêve.
Seul
un chien a survécu ; il hurle
Et
triste, renifle son maître mort,
Il
va périr, peut-être, loin du port,
Bercé
par l’océan qui déferle.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 11 décembre 2016
Cosette
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cosette
Émile-Antoine Bayard, Illustration pour Cosette (1862)
Pieds
nus sous la pluie cruelle
Qui
lui fera des bleus partout,
Tenant
un balai plus grand qu’elle,
Cosette,
opprimée par la toux,
Domestique
frêle et rose,
Vêtue
d’un éternel haillon,
Enfant
devenue une chose,
Soupire
loin des rayons !
Son
horrible maigreur rappelle
Celle
d’un chien mal nourri,
Avant,
pourtant, elle était belle,
Jeune
fruit tombé qui pourrit !
Elle
craint tous les adultes
Et
n’ose parler qu’en tremblant
Du
bâton ou de l’insulte
Qui
brisent son petit corps blanc ;
Elle
souffre comme une femme,
Esclave
de la Thénardier,
Marâtre
sombre et infâme,
Et
veut jouer et étudier
Comme
on le fait à son âge ;
Son
supplice va-t-il finir ?
Elle
croit voir dans l’orage
Fantine,
sa mère, revenir.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Mohamed Yosri Ben Hemdène
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