|
La maüsethrum de bingen
Victor Hugo, La Tour des rats (1847)
Comme un phare dans une mer sombre
Qui jette les vaisseaux sur les écueils,
Portant son éternel habit de deuil,
La Tour endormie rêve dans l’ombre ;
Terrifiant et ténébreux mirage,
On y entend les plaintes des esprits
Des misérables qui y ont péri,
Ensevelis dans le linceul des nuages.
Jadis, le terrible Hatto de Mayence,
Abbé de Fuld, homme avare et mauvais
Qui en commettant son forfait rêvait,
Y enferma des hères sans défense ;
Comme la grève de grains de sable
Ses réserves étaient remplies de blé,
Ils avaient faim, mais ils avaient troublé
Son repos avec leur air misérable.
Que fit alors ce gueux ? Dans une grange
Il enferma, bétail las de marcher,
Ces pauvres assaillis par ses archers,
Et aux lèvres un sourire étrange,
Les fit brûler et leur dit, du supplice
Content : « Entendez-vous les rats siffler ? »
Qui vinrent, comme s’il les eût appelés,
Le dévorer vivant, sombre milice.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
Affichage des articles dont le libellé est Hugo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hugo. Afficher tous les articles
mercredi 5 avril 2017
La Maüsethrum de Bingen
dimanche 29 janvier 2017
L'ange malade
|
L'ange malade
Hugo Simberg, Haavoittunut enkeli (1903)
Un ange aux yeux bandés et aux pieds nus
Fardeau sans grâce et sans puissance,
Soupire malgré son innocence,
Porté par deux jeunes hommes inconnus.
Brisé par le destin impétueux,
Ses ailes sont ployées comme sa tête,
Jouet de la ténébreuse tempête
Qui emporte les marins vertueux ;
Frappé d’une éternelle cécité,
Malade et fatigué de voir le monde,
Il passe, comme un vent ou une onde
Dans l’océan de notre adversité !
Les prés sont mornes bien qu’ils soient verts,
Et les ruisseaux, infinis et rapides,
Sont ténébreux bien qu’ils soient limpides,
Et la tristesse du vieux univers
Tombe sur la rêveuse création
Telle une pesante et constante pluie,
Larme incommensurable qu’il essuie
Avec le linceul profond des nations !
Où vont ainsi les deux garçons pensifs
Aussi pâles que l’ange qu’ils portent ?
Ils cherchent un abîme ou une porte
Et traversent les déserts maladifs.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
vendredi 30 décembre 2016
La mort de Ragnar Lodbrok
|
La mort de ragnar lodbrok
Hugo
Hamilton, Mort de Ragnar Lodbrok (v.1830)
Ragnar
Lodbrok, héros qu’accablent les chaînes
De
ses ennemis furieux aux cœurs pleins de haine,
Sourit
dans sa fosse, mordu par les serpents
Comme
un pesant anneau un doigt l’enveloppant.
Le
roi Ælla sourit, lui aussi, dans l’Histoire
Croyant
entrer grâce à cette lâche victoire,
Car
en tuant Ragnar, un seul homme, il croit
Tuer
tous les Vikings, tous leurs jarls et leurs rois.
Ce
n’est point un homme ; c’est Odin qu’il enchaîne,
Et
c’est Thor qui a pris soudain forme humaine
Et
gît pâlement, près de son marteau brisé,
Dans
ce trou venimeux, par la guerre épuisé !
Les
serpents, eux, voyant ce guerrier stoïque,
Hésitant
à mordre son corps héroïque
Comme
s’ils tremblaient de s’empoisonner eux-mêmes,
S’enroulent
lentement autour de son sein blême ;
Ses
ennemis sur sa dépouille font pleuvoir
Leurs
immondes crachats, frissonnant de le voir
Briser
soudain ses fers et sortir de sa fosse
En
raillant de sa mort la nouvelle fausse.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
dimanche 11 décembre 2016
Cosette
|
cosette
Émile-Antoine Bayard, Illustration pour Cosette (1862)
Pieds
nus sous la pluie cruelle
Qui
lui fera des bleus partout,
Tenant
un balai plus grand qu’elle,
Cosette,
opprimée par la toux,
Domestique
frêle et rose,
Vêtue
d’un éternel haillon,
Enfant
devenue une chose,
Soupire
loin des rayons !
Son
horrible maigreur rappelle
Celle
d’un chien mal nourri,
Avant,
pourtant, elle était belle,
Jeune
fruit tombé qui pourrit !
Elle
craint tous les adultes
Et
n’ose parler qu’en tremblant
Du
bâton ou de l’insulte
Qui
brisent son petit corps blanc ;
Elle
souffre comme une femme,
Esclave
de la Thénardier,
Marâtre
sombre et infâme,
Et
veut jouer et étudier
Comme
on le fait à son âge ;
Son
supplice va-t-il finir ?
Elle
croit voir dans l’orage
Fantine,
sa mère, revenir.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
à
21:51
0
commentaires
Libellés :
Antoine,
Bayard,
blog,
Cosette,
Émile,
Fantine,
Hugo,
illustration,
muse,
poème,
poésie,
soupirs,
Thénardier,
tunisie,
Victor
Inscription à :
Articles (Atom)



