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vendredi 8 mai 2020

L'humain nostalgique

l'humain nostalgique

La mer, gouffre profond et humide,
Nous attire comme un aimant le fer,
Car nous aimons tout ce qui est amer
Et, bien plus que l’absolu, le vide ;

Nous l’aimons car elle est dangereuse,
Car elle met nos voiles à genoux !
Nous aimons ce qui est plus fort que nous
Et enlacer la mort ténébreuse !

L’homme retrouve, caché dans les ondes,
Ces nuages de ce deuxième ciel,
La paix douce du ventre maternel
Où il était avant d’être au monde,

La mer, pareille à un linceul énorme,
Enveloppe son corps agile et nu,
Bien que l’au-delà lui soit inconnu,
Il le comprend en l’absence des formes !

Comme on caresse une femme fidèle,
Il la caresse, cette mer sans fin
Qui fuit et revient avec ses parfums
En agitant ses invisibles ailes !

Il revoit ses souvenirs innombrables
Dans ce miroir poli et silencieux
Qui reluit avec force sous les cieux,
À la fois radieux et redoutable !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 19 mars 2020

L'excuse sans espoir

l'excuse sans espoir

Nous sommes des humains. C’est notre seule excuse,
C’est pour cette raison que nous faisons le mal,
Et nous obéissons à nos sombres Muses
Auxquelles n’obéit pas le sombre animal ;

Elles chantent comme de grandes Sirènes,
Nous poussent au néant, au crime, au désespoir,
Ces rivages moqueurs aux chimères souveraines,
Ces océans dont nous chérissons les flots noirs !

Nous sommes des humains ; nous sommes égoïstes,
Aux mortels qui meurent de faim et de froid
Nous ne pensons pas, et notre monde est fort triste,
En vérité, et bien plus triste qu’on le croit.

Tremblant des châtiments, nous aimons nos vices –
Certains appelleraient cela l’automaour
Illusions de grandeurs,  envie et avarice,
Être bruyant dans la joie et au malheur sourd,

Écraser les plus faibles, appauvrir les plus pauvres
Et ne penser qu’à ce qu’on va boire et manger,
Refermer sa porte qu’une prière ouvre,
Haïr les différents, haïr les étrangers,

Être mauvais, enfin, et être impitoyable,
Sans aucune raison abhorrer son prochain,
Avoir une âme comme un enfer effroyable ;
Peu importe, toutefois, nous sommes des humains !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 16 juin 2019

Le tambour clinique

le tambour clinique

Lentement notre corps, frêle comme une âme,
Flambeau dont l’orage qui gronde éteint la flamme,
S’affaiblit et s’éteint, supplicié par le sort
Qui casse tout ce qui est beau, et grand, et fort !
Notre corps, terrassé soudain, sans crier gare,
De ses imperfections gémit et s’effare,
Assailli comme Ilion de mille maux divers,
Son printemps tout radieux devient un sombre hiver,
Il tombe de la pluie de ses pluies ouvertes !

Nous sommes des mortels : c’est une découverte
Et ce n’est point un fait. La jeunesse, en rêvant,
Passe comme passent les ruisseaux et le vent,
Éprise de la vie, des joies, des mensonges,
Mais la vieillesse est sans amis et toujours songe,
Seule dans son bouge sale et mal fréquenté,
Et elle se souvient du passé enchanté
Avec ses billets doux et ses bouquets de roses
Au milieu des rides et malgré les arthroses !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène