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cave canem
Jean-Léon Gérôme, Cave canem, prisonnier de guerre à Rome (1881)
Le captif, vêtu seulement de ses chaînes,
Trop las pour la tristesse ou pour la haine
Et trop fatigué pour être irrité,
Songe sombrement dans l’obscurité.
Comme les philosophes hirsute,
Pareil à Adam après la Chute,
Il pense à sa patrie, à ses petits,
A ce fer cruel qui l’appesantit
Et appesantit aussi son âme
Et l’empêche d’embrasser sa femme,
De courir dans les bois pleins de soleil
Comme une coupe d’un bon vermeil
Qui réjouit le cœur de l’homme sombre.
Il mange son pain rassis dans l’ombre,
Ce festin du condamné. Près de lui
La belle Rome, vaste et nue, reluit
Tandis que le soleil latin raille
Ce combattant qui perdit la bataille
Et dont la hache est brisée et le cœur,
Vaincu, ne maudissant point les vainqueurs.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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mardi 14 mars 2017
Cave canem
lundi 13 mars 2017
Pygmalion et Galatée
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pygmalion et galatée
Jean-Léon Gérôme,
Pygmalion et Galatée (1890)
Pygmalion,
éternel célibataire,
Embrasse
sa création au corps clair,
Belle
divinité ubiquitaire,
Faite
de marbre et qu’il croit de chair.
Épris
d’une illusion magnifique,
D’un
lointain rêve idéal et sans fin,
De
sa voix il entend la musique
Et
respire l’odeur de son parfum,
Comme
la fleur enlace ses pétales
Quand
la nuit vient et quand s’en va le jour,
Enivré
d’une chimère fatale
Il
l’enlace avec fureur et amour,
Et
sur ces lèvres il pose ses lèvres,
Tremblant
et amoureux de ce grand froid,
Comme
les amants empli de fièvre
Et
d’un mystérieux et vague effroi !
Il
veut lui donner un peu de son âme,
Un
peu de son esprit, de sa santé,
Il
la sent dans ses bras devenir femme,
Comme
le poète un souvenir chanté ;
Le
fils de Vénus, sur son nuage,
Bande
son petit arc, souriant, vainqueur,
Et
s’amusant de ces enfantillages,
De
Pygmalion épris cherche le cœur.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 12 mars 2017
Diogène de Sinope
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diogène de sinope
Jean-Léon Gérôme,
Diogène (1860)
Dans
sa jarre profonde environné d’ordures,
Diogène,
rêvant aux secrets firmamentaux,
N’ayant
que sa besace et son rude manteau,
Evite
les rayons et fuit les verdures,
Et
il va chaque soir, à la main sa lanterne,
Chercher
l’Homme, dit-il, dans toute obscurité,
Avec
les spectres noirs seul, en sécurité,
Et
errant dans les rues sous la lune terne ;
Les
chiens, ses seuls amis, vont à sa tanière,
Le
croyant leur semblable et devant lui assis,
Il
leur donne souvent un peu de pain rassis
Et
les traite d’une bien tendre manière,
On
l’a vu, un matin, avec son écuelle,
Demander
aux statues l’aumône ; aux Grecs confus
Il
a dit : « j’apprends à essuyer les refus. »
Sachant
l’humanité avare et cruelle,
Alexandre
le Grand, admirant l’ermite,
Vint
et lui demanda, en pompeux appareil
S’il
voulait quelque chose ; « Hors donc de mon soleil ! »
Lui
lança Diogène, raconte le mythe ;
Oublié
de tous dans sa retraite putride,
La
vérité est qu’il est malheureux et seul,
Que
son sale manteau est son sale linceul
Seul
comme Prométhée, maudit comme un Atride.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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