|
Loisir brutal
Comme un prisonnier compte les heures
Et l’usurier compte ses chers deniers,
Je compte, pensif dans ma demeure,
Mes syllabes, et tout vers est le
dernier.
Je compte mes rimes expirantes
Qui chantent et se taisent dans le
néant,
Je compte mes poésies mourantes
Et qui forment comme un tombeau géant,
Une inaccessible pyramide
Où l’antique marche avec le
nouveau ;
Chaque vers est une grande ride
Que j’ai dans le cœur et dans le
cerveau,
Je me lève de ma feuille noire
Comme un mort se lèverait de son
tombeau,
Fatigué, ne songeant pas à la gloire,
Mais le corps las et l’esprit en
lambeaux,
Jetant ma lyre dans la poubelle
Pour aller la reprendre à mon réveil
En m’étonnant de mon action cruelle,
Aux meurtriers et aux tyrans pareil.
La Poésie n’est pas un ciel qui chante
Mais un ciel d’hiver, large et orageux,
Et une tempête qui épouvante
Par ses noirs et inexorables jeux.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
samedi 18 avril 2020
Loisir brutal
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Mon avis sur cet article: