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Barbe alphabétique
En contemplant
le ciel, la terre et son arche,
Avant le Déluge
qui va bientôt gronder,
Le vieux Noé,
prophète et patriarche,
D’une immense
pitié voit son cœur inondé ;
Il voit déjà le
monde après la catastrophe,
Ainsi qu’une
poterie brisé par un seul flot,
Comme après un
vers on voit une strophe,
Attentif à la
mer et ses moindres sanglots.
Bientôt, pareille
au feu qui détruit et embrase
Et, inexorable,
à chaque soupir grandit,
La goutte d’eau
fera déborder le vase
Et Noé soupirera :
« Moi, je vous l’avais dit ! »
Sur son arche, à
l’abri du courroux des ondes,
Que dans grande
serre emportera le vent
Et qui pourra
survivre à la fin du monde
Et à d’invisibles
rivages va en rêvant.
Le Déluge éteindra
le soleil et l’étoile
Comme on éteint
dans la nuit un frêle flambeau,
Toute la
création marchera dans un voile,
La nuit est le
linceul, la mer est le tombeau.
Noé voit tout
cela, pareil à un homme ivre
Qui voit de
grands spectres en traversant un brouillard,
Et il tient sa
barbe comme on tient un livre
Et y lit le
destin que comprend son regard.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
lundi 16 décembre 2019
Barbe alphabétique
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
à
21:50
Libellés :
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