mardi 5 novembre 2019

Le deuil du corbeau

Le deuil du corbeau

Maudit dans les cieux et sur la terre,
Le sombre corbeau éternellement erre
Dans l’espace sans fin et sans amour,
Comme un peu de nuit erre dans le jour.
Pareil au vent et pareil à l’onde,
Il entre par la fenêtre du monde
Et il devient tempête et grondement,
Et la Création gémit sourdement
En voyant cette bête à ses rivages.
Le corbeau est un poète et un sage,
Pourtant, et il porte le deuil pesant
De tout ce qui, jadis, fut reluisant,
De ce qui a vécu et vit encore.
Plus immaculé que les aurores,
Il était tout blanc, allait sans souffrir,
Avant que l’homme n’apprît à mourir,
L’or était moins radieux que son plumage,
Comme le printemps porte ses ramages,
Il le portait plus fièrement que les rois
Les couronnes, les lauriers et l’effroi.
La Mort, qui est le port et qui est l’ancre,
A fait de lui une tache d’encre,
Et bien qu’on l’entendît jadis chanter,
Il gémit aujourd’hui épouvanté.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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