vendredi 1 novembre 2019

La voix du poète

la voix du poète

Le poète, autrefois, parlait à la Nature
Et il apostrophait toute la création
Et savait les langues de ses créatures
Qui peuplent le monde comme des nations.

La terre et l’océan étaient ses dictionnaires,
La forêt son livre, le ruisseau son roman,
Des quatre saisons il connaissait la grammaire
Et l’orthographe de l’immense firmament,

Sur les arbres il mettait son oreille attentive
Et écoutait les soupirs des vents et des fleurs
Et le grondement de l’orage qui arrive
Dans la maison des cieux, sinistre visiteur.

Aujourd’hui, le poète est rongé par le doute
Et dans le brouillard, ne voit plus la vérité,
Et le pouce levé, au bord de l’autoroute,
Attend l’improbable et lointaine charité

D’une voiture aussi rapide qu’une âme.
Sa voix, dans l’abîme et dans la pollution,
Se perd, et la tempête éteint toute la flamme
De ce flambeau vivant des obscures nations ;

Nul n’entend, aujourd’hui, la voix du poète
Et lui même crie en vain dans l’immensité
Sans entendre l’écho de son âme inquiète
S’agitant dans son corps sans force et sans santé.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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