lundi 25 novembre 2019

Le cercueil des baleines

Le cercueil des baleines

Comme la terre, les bois et le firmament,
La mer appesantie de nos immondices
Maudit la race humaine et gémit sombrement
En contant ses malheurs et ses préjudices.

Ses belles perles sont noires comme la nuit,
Ses coraux sont comme rongés par la vérole,
Elle cherche en vain le rivage et en vain fuit
Le poison, le plastique ainsi que le pétrole,

Qui viennent l’assiéger et viennent l’envahir.
Cette douce mer, tant chantée par les poètes,
Comme peut-elle, donc, ne point nous haïr
Et ne point nous châtier avec ses tempêtes ?

Léandre y eût péri avant de voir Héro,
Elle eût épouvanté les monstres de Messine,
Jason et Ulysse, tous les vaillants héros,
Avec ses flots souillés et son onde assassine !

Elle porte dans ses entrailles nos déchets
Qu’elle s’évertue à jeter sur la grève,
Et souvent ses bêtes mortes et nos sachets
Sortent de ses ondes comme un mauvais rêve,

D’égarer nos vaisseaux elle supplie le vent
Et elle implore de s’éteindre les étoiles,
Et conjure l’écueil, son fidèle servant,
De déchirer, la nuit, nos errantes voiles.  


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sur cet article: