dimanche 24 novembre 2019

L'orphelin nostalgique

L'orphelin nostalgique

Comme une fleur coupée et sans parfum,
Il a grandi dans ce monde éphémère,
L’aile cassée, sans père et sans mère,
Seul avec le souvenir des deux défunts.

Un chauffard les a un jour emportés
Comme la tempête des feuilles mortes,
On est venu frapper à la porte,
On l’a caressé et réconforté,

Les uns lui disaient qu’ils étaient au ciel,
Les autres qu’ils sont partis en voyage,
Qu’avec grand-être il fallait être sage
Et qu’ils étaient maintenant à l’hôtel,

Chacun souriait et mentait de son mieux,
Et lui, en voyant tous ces adultes
Et les pompes mystérieuses du culte,
Il pleurait sans comprendre les cieux.

« Pourquoi, avait-il demandé alors,
Papa et maman sont dans des boîtes ? »
« Il jouent à cache-cache. » « Elle est étroite !
Sortez ! » S’écria-t-il devant les morts.

Et aujourd’hui, il songe encore à eux,
À cette partie perdue de son être,
Comme dans une maison sans fenêtres,
Il fait toujours froid dans son cœur pluvieux.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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