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samedi 27 janvier 2024

Sphigorotta, Gardien de la Lumière

sphigorotta, gardien de la lumière

Là où luisait un flambeau,
Là où le soleil rayonne,
Sphigorotta toujours donne
Toute sa beauté au beau.

Il emplit de lumière
Le monde ainsi que l'esprit,
En toutes lettres il écrit
Cette éternelle prière ;

Il bénit le penseur seul
Dans sa retraite humide
Et l'amoureux livide
Et le mort dans son linceul ;

Il inspire au poète
De longs poèmes radieux
Dont les vers viennent des cieux,
Et à la voile inquiète

Montre l'éternel chemin,
Quand dans l'océan elle erre,
Lourde en étant légère,
Portant les rêves humains.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 26 octobre 2023

Hellus, Gardien des Enfers

hellus, gardien des enfers

Hellus, Gardien brûlant des noirs enfers,
Faisait entrer les pâles victimes
Qui arrivaient, appesanties de fers
Et portant les fardeaux de leurs crimes :

Plus la faute est grande, plus le poids lourd,
L'un a sur le dos une ville immense,
L'autre une planète ; tous sans secours,
Gémissent dans l'éternel silence ;

Leurs jambes, leurs peaux, leurs mains et leurs yeux
Parlent et disent de quoi ils sont coupables
Et pourquoi ils vont aux enfers radieux,
Tête baissée, comme des misérables.

Hellus, quant à lui, spectre pétrifié,
Ne dit rien et observe le silence,
On dirait que son cœur est réifié
Dans un éternel moment de violence,

Et il ne fait que compter les déchus
Aussi nombreux que les grains de sable
Qui sont là et qui pourtant ne sont plus,
Qui ont péri mais sont impérissables.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 15 octobre 2023

Balaskar, Gardien des abysses

balaskar, gardien des abysses

Gardien des abysses sombres
Où dort une autre création
Cachée dans les flots et l'ombre
Et de bien étranges nations,

Balaskar, noire créature,
Comptait les écueils et rêvait
Dans cette barbare nature
Éternelle, où il se trouvait ;

Il comptait les vastes tempêtes
Gémissant loin des profondeurs
Et dont l'écho se répète
Sans qu'il ne lui fît jamais peur.

Ce monstre était fait lui-même
De débris et de mâts cassés,
Mélange ténébreux et blême
Qui rappelle D'obscurs passés,

Des cris qui ont percé l'aurore,
D'autres qui ont percé la nuit,
La peur et ses métaphores,
Ce qui se cache et ce qui fuit.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 24 septembre 2023

Lydesk, Gardien des Ombres

lydesk, gardien des ombres

Lydesk, monstre sombre,
Est le gardien des ombres,
Geôlier qui a les clés
Des abîmes ailés
Et de tous les gouffres !
Une odeur de soufre,
D'inconnu et de mort
Émane de son corps
Pareil aux fleurs flétries,
Il est plein de furie
Et de malédictions,
Il est plein d'affliction
Et de choses immenses,
Son esprit ne pense
Qu'à l'insondable nuit
Qui s'en va et qui fuit,
Profonde et éphémère,
Funeste chimère
Dont il veut révéler
Tout le front étoilé.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 20 septembre 2023

Hycaon, Gardien de Minuit

   hycaon, gardien de minuit

Hycaon est le gardien
Ténébreux et ancien
De l'heure spectrale.
Il est toujours pâle,
Et les horreurs qu'il voit
L'avaient rendu sans voix
En étant plein de cris ;
Ses cheveux sont tout gris
Comme un ciel d'automne
Et d'hiver monotone,
Il revoit, assailli,
Le spectre qui jaillit
De la nuit immense
Pareil aux eaux denses
Et pareil aux rayons ;
Des plus profonds sillons
De la terre tombale,
Sortent des rafales
De terreurs sans merci
Et de sombres récits.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 18 septembre 2023

Scyrongu, le Gardien

   scyrongu, le gardien

Scyrongu, gardien sombre et féroce
Des secrets que cache l'éternité,
Debout devant les gouffres redoutés
Et devant les abîmes atroces !

Scyrongu, rêveur aux yeux multiples
Qui voit les débuts et qui voit les fins
Et les spectres ténébreux des défunts,
Maître qui n'a pas besoin de disciples !

Scyrongu, grand geôlier qui possède
Les clés des portes qu'on ne peut pas voir,
Plus pesantes que le pesant devoir
Et que célèbrent tous les aèdes !

Scyrongu, créature intemporelle
Qui depuis des siècles songe et attend,
Devisant avec le vide, écoutant
Des astres la musique immortelle !

Scyrongu, Sphinx qui hante l'espace
Comme un fantôme hanterait un manoir,
Phare qui reluit dans l'infini noir,
Sans jamais éclairer les voiles lasses !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 4 juin 2018

L'ange du berceau

L'ange du berceau

Tandis que l’enfant paisiblement dort
Dans son berceau où l’aurore sommeille,
L’ange gardien qui sur ses jours veille
Ne peut le sauver du funeste sort.

Il contemple avec pitié ce corps frêle
Qui tombera malade et vieillira
Et qu’un jour le Destin assaillira
Comme les ruines d’une citadelle ;

Il contemple avec effroi cet esprit
Que n’assombrit aucun pesant nuage,
Qui s’emplira de pensées et d’ombrages
Comme un grand arbre de ses fruits pourris ;

L’ange contemple l’âme parfumée
De ce petit être à peine vivant,
Qui s’envolera souillée dans le vent
Comme une lourde et toxique fumée,

Et dit à Dieu : « Pourquoi cette lueur ?
Pourquoi faire rayonner cette aurore
Que la vaste nuit de ce monde abhorre ?
Quel est le but de cet enfant, Seigneur ? »

Et l’ange triste bénit l’enfant rose
Qui demeure paisible et silencieux,
Et s’envole avant le jour jusqu’aux cieux,
Le cœur empli de ténébreuses choses.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 27 mars 2017

L'Ange gardien

l'ange gardien

Louis Janmot, L’Ange et la mère (entre 1835 et 1881)  

Tandis que le petit est bercé par sa mère,
Un jeune ange prie pour sa vie éphémère,
Les mains jointes, sous le firmament à genoux,
Et semble aussi prier pour le monde et pour nous.

Cet ange prosterné qui compte nos larmes
Pour cet enfant rose se lamente et s’alarme
Et dit, le cœur empli de vénération :
« Seigneur, ayez pitié de votre création !
Faites que cet enfant condamné à vivre
Lise votre monde, qui est votre livre,
Faites que cet enfant, Seigneur, ne souffre pas !
Ne lui apprenez pas ce sombre mot : Trépas !
Qu’il ait le sourire au front et au visage,
Qu’il soit heureux et qu’il ne soit point un sage,
Qu’il n’aille point un jour, seul, la tristesse au cœur,
Dans les bois soupirer, las du Destin vainqueur ! »

Mais en vain tu gémis, ange monotone,
Auprès de ce printemps, assis dans ton automne !
Cet enfant ne va pas demeurer innocent !
Ses mains seront, peut-être un jour, souillées de sang,
Son petit cœur sera souillé de tristesse,
Il sera son hôte et elle son hôtesse
Qui l’accueillera dans ce monde délabré
Et par sa morne nuit toujours enténébré.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène