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Le doute
Louis Janmot, Le Doute (1861)
Le Doute erre dans le désert du monde,
Le front penché sur les gouffres ouverts,
Et songe dans les sinistres hivers
A des choses terribles et profondes.
Rien n’égaie ce penseur impassible
Appesanti par ses propres démons,
Fardeau plus lourd que tous les vastes monts,
Et victime d’un mal invincible,
Ce rêveur qui marche dans son rêve
Comme dans un étroit et noir sentier,
Qui a dans son cœur des mondes entiers
Où nul soleil radieux ne se lève,
Où l’on voit de belles lunes étranges
Qui montent dans des firmaments hagards,
Enfers de femmes aux lubriques regards
Emplis de démons terrassant des anges,
De bêtes et de géants formidables,
De ponts, d’incommensurables couloirs,
D’abîmes profonds et de néants noirs
Et des cris lointains des misérables !
Le Doute s’en va dans les aurores
Comme une nymphe les cheveux au vent,
Les pieds nus, dans l’immensité rêvant,
Et quand la nuit vient marchant encore.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mercredi 29 mars 2017
Le Doute
mardi 28 mars 2017
L'Adieu
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L'Adieu
Louis Janmot, Adieu (1861)
Sur son nuage, au-dessus de la mer,
La belle s’en va, rapide et blanche,
Loin de son amoureux au cœur amer,
Pareille à un oiseau quittant sa branche,
A ce rivage lointain et fané
Il est venu dire adieu à son âme,
A pleurer et à gémir condamné,
Voyant sa bien-aimée comme une flamme
S’éteindre lentement, victime des vents,
Flambeau jeté dans les sombres ondes
Que le triste amant contemple en rêvant
Et qui reluira dans l’autre monde ;
Voile errante qui s’envole toujours,
La beauté, elle, triste et légère,
Est bannie du monde en pleurant d’amour,
Apparition sublime et passagère
Qui marche sur les éternels flots verts
Comme jadis sur l’herbe parfumée,
Et quitte son amant et l’univers,
Incommensurable et chère fumée.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 27 mars 2017
L'Ange gardien
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l'ange gardien
Louis Janmot, L’Ange et la mère (entre 1835 et 1881)
Tandis
que le petit est bercé par sa mère,
Un
jeune ange prie pour sa vie éphémère,
Les
mains jointes, sous le firmament à genoux,
Et
semble aussi prier pour le monde et pour nous.
Cet
ange prosterné qui compte nos larmes
Pour
cet enfant rose se lamente et s’alarme
Et
dit, le cœur empli de vénération :
« Seigneur,
ayez pitié de votre création !
Faites
que cet enfant condamné à vivre
Lise
votre monde, qui est votre livre,
Faites
que cet enfant, Seigneur, ne souffre pas !
Ne
lui apprenez pas ce sombre mot : Trépas !
Qu’il
ait le sourire au front et au visage,
Qu’il
soit heureux et qu’il ne soit point un sage,
Qu’il
n’aille point un jour, seul, la tristesse au cœur,
Dans
les bois soupirer, las du Destin vainqueur ! »
Mais
en vain tu gémis, ange monotone,
Auprès
de ce printemps, assis dans ton automne !
Cet
enfant ne va pas demeurer innocent !
Ses
mains seront, peut-être un jour, souillées de sang,
Son
petit cœur sera souillé de tristesse,
Il
sera son hôte et elle son hôtesse
Qui
l’accueillera dans ce monde délabré
Et
par sa morne nuit toujours enténébré.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 26 mars 2017
Solitude
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solitude
Louis Janmot, Solitude (1861)
Dans la forêt radieuse et profonde,
Assis sur l’herbe comme sur une onde,
Le sage, tout seul dans l’éternité,
Songe avec tristesse et sérénité.
Le sentier se déroule comme un rêve,
Le soleil qui au firmament se lève
Y dort avec paresse sous les cieux
Et se réveille en se frottant les yeux.
Tel est le sort de l’homme qui songe
Et que la pensée sans cesse ronge
Comme une proie avec ses trente-deux dents,
Enfer qui l’emplit de son souffle ardent
Et embrase son esprit et son âme
Avec son impérissable flamme !
Penser, c’est être condamné et seul,
C’est être couvert d’un pesant linceul
Qu’avec ses ongles le monde déchire,
C’est le soupir qui empêche de rire
Que tout répand et chante ici-bas
Et qu’entend l’homme terrassé et las
Comme une lente mélodie funèbre
En pensant tout seul dans les ténèbres.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 23 mars 2017
Le Toit paternel
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LE toit paternel
Louis Janmot, Le Toit paternel (1854)
Ô bienheureux et chaleureux toit
D’une mère aimante et d’un doux père,
Mon cœur d'exilé se souvient de toi,
Te chérit, te revoit et t’espère !
Dans le vaste désert de mon esprit,
Tu reluis tel un radieux mirage,
Et ton souvenir lointain me sourit
Beauté qui m’attend sous les orages,
Toit mélancolique, profond et beau
Qui me rappelle mes jeunes années
Et qui tient à la main un flambeau
Pour me montrer toutes ses fleurs fanées.
Il n’est rien de plus charmant ici-bas
Que ce toit qui dit de douces choses
Sous lequel s’endort un grand-père las
Et jouent de frêles enfants aux joues roses,
Ce toit qui se souvient, auguste et vieux,
De ce que nous murmurons dans l’ombre,
Empli d’étoiles comme les cieux,
Port qui attend tous les marins sombres
Mais est plus loin que le pôle glacé,
Plus loin que les colonnes d’Hercule,
Appelant nos vaisseaux par le vent lassés
Qui errent dans l’éternel crépuscule.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 22 mars 2017
Le Mauvais Sentier
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LE MAuvais sentier
Louis Janmot, Le Mauvais Sentier (1854)
Où
allez-vous ainsi en rêvant et en tremblant,
Gravissant
l’escalier de votre destinée ?
Revenez
à votre nid bien chaud, oiseaux blancs,
Tout
empli de branches pour vos jeunes années !
Les
deux enfants s’en vont dans la vaste clarté
Sous
les sombres regards de leurs professeurs graves,
Pareils
à des statues raillant la liberté
Et
les jeunes rêves de ces petits braves,
Comme
Neptune armé de son trident doré
Ils
tiennent, menaçants, leurs sinistres baguettes,
Et
tiennent à l’autre main les pensums abhorrés,
Personnifications
du Danger qui guette,
Une
vieille femme, peut-être la maman,
Contemple
l’ascension de ces âmes errantes
Cherchant
quelque chose dans le bleu firmament
De
nouveaux soleils et des fleurs différentes,
Reliques
de la Mort dans l’autel du Destin,
Des
squelettes, cachés dans l’ombre derrière elle,
Rappellent
que les vers attendent leurs festins,
Que
la vie est une chose éphémère et frêle,
Un
hibou attentif, sur un arbre rassis,
Imite
les sages, profond et taciturne,
Pareil
aux monarques sur leurs trônes assis,
Et
pour s’envoler loin attend l’heure nocturne.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 20 mars 2017
Le Supplice de Mézence
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Le supplice de mézence
Louis Janmot, Le Supplice de Mézence (1864)
Le jeune condamné, lié à une morte,
Fardeau nauséabond qu’il abhorre et porte,
Marche dans le désert, tandis que sur lui pleut
Le pus tombant du ciel de ce cadavre bleu.
Châtié par le tyran qui rêve, Mézence,
Dont le monde maudit le nom et la présence,
De la morte il tremble comme d’un froid hiver
En songeant que bientôt les mêmes affreux vers
Rongeront leurs deux peaux, la roide et la vivante !
Le banni contemple, le cœur plein d’épouvante,
Cette charogne errante aux limpides cheveux.
Il a faim, il a soif ; « Mange-la si tu veux. »,
Lui dit le noir tyran, « et bois ses cicatrices »,
Et se mit à songer, content de son caprice,
Cœur féroce qui n’a point connu le remords.
Le condamné n’attend qu’une chose : la mort.
Or elle tarde à venir et de son sort s’amuse
Et bénit le cruel Mézence, sa muse,
Qui fait passer Néron pour un enfant de chœur
Et comme une amante fait tressaillir son cœur ;
La morte et le vivant, tous les deux anémiques,
Marchent dans le désert, effrayants et comiques.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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