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Re-La chimère D’après le poème « La chimère » d’Albert Samain (1858-1900) duquel je ne garde ici que la première strophe La chimère a passé dans la ville où tout dort, Et l’homme en tressaillant a bondi de sa couche Pour suivre le beau monstre à la démarche louche Qui porte un ciel menteur dans ses larges yeux d’or. De ses ailes il a plu des étoiles sans fin Sur les toits éthérés des maisons tranquilles ; Afin de mieux bercer le sommeil de la ville, Elle a dénoué ses cheveux pleins de parfum. Tous ses yeux ont relui, pareils à des flambeaux, Dans le ciel ténébreux, deux fois plus immense, Et chaque fois que l’être humain rêve ou pense, Il croit que le monde en est devenu plus beau ! Elle fait épanouir les douces illusions Ainsi que des roses, dans le désert aride De l’existence, ou l’homme errant marche, livide, Au milieu des mirages, au milieu des visions. C’est le monde qui est sa ville et son enfer ! Elle connaît par cœur la nuit et les songes Et sait que l’homme est épris de ses mensonges Et qu’il aime comme la vie ses pesants fers ; Plus d’un se réveillera, cependant, le lendemain, Le cœur meurtri, aussi amer que les ondes Qui emplissent les mers vastes et profondes |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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vendredi 11 septembre 2020
Re-La chimère
dimanche 30 août 2020
Re-Ne regretter point les mors
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RE-ne regretter point les mors D’après le poème « Ne regretter point les mors » d’Albert Babinot (1516-1569) duquel je ne garde ici que la première strophe Quand le Soleil, la torche coutumière De l'Univers, s'est dans la mer rendu, Et pensons voir un voile noir tendu, Nous engendrant la nuit familière. L’oubli couvre toute la nature, Pareil à un vaste et pesant linceul, Et l’homme tourmenté se sent plus seul Et entouré de sombres créatures Qui sous le lit et dans l’armoire, Se mettent à rugir sans faire de bruit, Et sur l’arbre riche de la nuit Déploient leurs immenses ailes noires. Tout soudain devient calme et étrange Et a un sens nouveau et mystérieux, La tristesse emplit la terre et les cieux Et comme le destin jamais ne change, Les demeures deviennent plus étroites ; Tel un prisonnier loin de l’horizon, Celui qui ne dort pas dans sa prison Compte les spectres à gauche et à droite Et il énumère tous ses rêves, Tous ses désirs, toutes ses illusions ; La vie est plus frêle qu’une vision |
dimanche 17 mai 2020
Re-Réveil
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RE-réveil
D’après le poème « Réveil » d’Albert
Samain (1858 – 1900), duquel je ne garde ici que les deux premiers vers.
L’aube d’une clarté s’épanche dans mon âme.
Au mur de l’horizon j’ai vu luire une flamme.
La terre s’épanouit comme une immense fleur
Et s’emplit de parfums et s’emplit de couleurs,
Les rayons sont semés par une main sage
Dans les sillons joyeux des limpides nuages,
Toute la création, pareille à un enfant,
Se lève doucement en souriant et chantant,
Le ruisseau murmure à la forêt : « c’est l’heure »,
Les âmes reviennent des célestes demeures
Dans les corps des vivants qui étaient morts la nuit,
Tout rayonne, sourit, se répand et éblouit,
Et
le monde est une poussière luisante.
L’effroyable
fardeau des tristesses pesantes
Devient
aussi léger que les parfums et l’air,
Les
larmes s’évaporent sous le soleil clair,
Les
soupirs s’envolent ainsi que les prières
Dans
les prés parfumés et la chaude lumière !
Mon
âme, réveillons-nous, le matin est pur !
Pour
que nous entendions le doux bruit des fruits mûrs
Qui
tomberont tout seuls des arbres sur la terre,
Allons
dans la forêt emplie de mystères,
Loin
du vain tumulte des mortels agités,
À
des endroits charmants, radieux, inhabités.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 18 novembre 2016
La mort de Madame Bovary
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La mort de madame bovary
Albert Fourié, La mort de Madame Bovary (1883)
La douleur montant dans son âme
Comme un soleil sombre, tremblant,
Charles soupire en contemplant
Ce cadavre, qui fut sa femme !
C’est elle, Emma ! Cette chose
Empoisonnée, horrible à voir !
La Mort a donc fait son devoir
En enténébrant ses joues roses !
Il se dit avec colère,
En voyant ses pâles couleurs :
« C’est cet aveugle de malheur
Qui l’a tuée ! », et espère
Qu’elle ouvrira ses yeux que ferme,
Portes du néant, le Trépas !
Elle ne les ouvrira pas !
Le pauvre pleure mille larmes
En songeant qu’elle, sa chérie,
Ira, loin de ses yeux, pourrir,
Et que les vers vont se nourrir
De sa chair de grâces pétrie !
Le prêtre et le médecin dorment,
Eux, sans douleur et sans remords,
Valets terribles de la Mort
Qui ronflent et dont les yeux se
ferment.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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