dimanche 30 août 2020

Re-Ne regretter point les mors

    RE-ne regretter point les mors

D’après le poème  « Ne regretter point les mors » d’Albert Babinot (1516-1569) duquel je ne garde ici que la première strophe


Quand le Soleil, la torche coutumière
De l'Univers, s'est dans la mer rendu,
Et pensons voir un voile noir tendu,
Nous engendrant la nuit familière.

L’oubli couvre toute la nature,
Pareil à un vaste et pesant linceul,
Et l’homme tourmenté se sent plus seul
Et entouré de sombres créatures

Qui sous le lit et dans l’armoire,
Se mettent à rugir sans faire de bruit,
Et sur l’arbre riche de la nuit
Déploient leurs immenses ailes noires.

Tout soudain devient calme et étrange
Et a un sens nouveau et mystérieux,
La tristesse emplit la terre et les cieux
Et comme le destin jamais ne change,

Les demeures deviennent plus étroites ;
Tel un prisonnier loin de l’horizon,
Celui qui ne dort pas dans sa prison
Compte les spectres à gauche et à droite

Et il énumère tous ses rêves,
Tous ses désirs, toutes ses illusions ;
La vie est plus frêle qu’une vision
Jusqu’à ce que le soleil se lève.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

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