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mardi 6 août 2024

Point de vue sur la mort au travail

POINT DE VUE SUR la mort au travail

C'est la fin des labeurs et des peines,
Car la mort enlève tous les fardeaux
Que l'homme maudit porte sur son dos,
À l'instar de toute la race humaine.

Il fut aux champs, au bureau, à l'usine,
Elle fut en enfer, au paradis,
Sur le toit d'un autre ou dans son taudis,
Ou lisant un livre qui les mine,

Et la Mort, paysanne elle-même,
Signa soudain leur éternel congé,
Sans qu'ils n'eussent, un jour, au repos songé ;

Dites adieu à la terre où l'on sème,
Boue faite de vos braves sueurs
En vous levant aux premières lueurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 6 septembre 2019

Les otages contractuels

Les otages contractuels

Du matin jusqu’au soir, les travailleurs sombres,
Les chaînes aux pieds et tout appesantis de fers,
Pareils à des spectres qui vont dans deux ombres,
Marchent dans les sentiers embrasés de l’enfer.

Avant de partir, ils embrassent leurs familles
Qui dorment encore et qu’ils se doivent de nourrir,
Et disent adieu à leurs fils et à leurs filles
Comme le vain Hector sur le point de mourir.

L’usine les attend et leurs bureaux pâles
Et la salle de cours où il fait toujours froid,
Et loin du firmament empli d’étoiles
Et du soleil radieux, ils errent avec effroi.

Ils savent qu’ils ne sont point indispensables,
À la merci de leurs bourreaux et du besoin,
Et ils qu’ils ne sont que de pauvres grains de sable
Que l’inexorable tempête exile loin,

Ils sont plus malheureux qu’ils ne semblent braves,
Et le soir, rentrent chez eux écœurés et las
Après avoir fait leur besogne d’esclaves
Et séjourné dans le noir royaume d’en bas ;

Malgré la fatigue et les contrats éphémères,
Ils sont bien heureux de revenir à la maison
Où il sont épouses, époux, pères et mères,
Et où ils sont aimés et ont toujours raison.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 15 avril 2019

Stress

stress

Alors que le soleil dans le ciel se lève,
Où allons-nous, courant ainsi de bon matin,
Derrière le grand bus comme derrière un rêve,
En pensant au travail, notre commun destin ?

La montre devient un monstre qui nous opprime,
Indifférent à nos vies et à notre sort,
Et le bonheur oisif un innommable crime
Que nos bourreaux condamnent à la peine de mort ;

Nous contemplons nos vies dans nos téléphones
Et nos vieux jours luisants comme de vains éclairs,
Le premier bus vient : c’est l’enfer de Perséphone
Tout rempli de martyrs, plus chaud que le jour clair !

Derrière les vitres qu’épaissit la buée,
Nous voyons le monde qui nous est interdit,
La douce création par le vent remuée,
Comme un pan de ciel bleu le prisonnier maudit !

Et notre cœur gémit dans cette solitude,
Las de ce tumulte qui nous est familier,
Et tandis que nos maux se comptent par milliers,
Nous allons au travail, comme d’habitude.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 30 avril 2012

Le premier mai, un jour de la Patrie


Le premier mai, un jour de la Patrie



A l'occasion de la Fête internationale du Travail, L'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a appelé à un grand rassemblement et à une marche pacifique qui aura lieu demain, à partir de 10h, à l'Avenue Habib Bourguiba, chargée de tant de symboles. Soyons là, disons oui à une vie digne pour tous les citoyens, oui à la liberté et à la démocratie, et non au chômage forcé, à l'obscurantisme et à la tyrannie!

Demain, amants de la douce Patrie,
Epris de notre Tunisie chérie,
Dès que dans les cieux se lèvera le jour,
Nous lui chanterons des poèmes d’amour !
Jusqu’à ce qu’elle daigne nous sourire,
Poètes épiques armés de nos lyres,
Dans les rues ensemble nous errerons,
Patriotiques mers que nous emplirons,
Rêveurs et puissants, comme des ondes,
Bois bercés par nos chansons profondes
Pareilles aux chants des oiseaux dans l’azur
Qui retentissent, mélodieux et purs !

Volages nous oublierons, voix charmées,
Les noms de nos fils et nos bien-aimées
Et nous nous souviendrons du nom rêveur
De la Tunisie, déesse de nos cœurs !
Son hymne béni et plein de lumière
De nos bouches jaillira comme une prière,
Prosternés devant son divin autel,
Nous lui chanterons des vers immortels,
En maudissant l’injustice sereine,
La noire tyrannie et ses sombres chaînes !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène