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vendredi 6 septembre 2019

Les otages contractuels

Les otages contractuels

Du matin jusqu’au soir, les travailleurs sombres,
Les chaînes aux pieds et tout appesantis de fers,
Pareils à des spectres qui vont dans deux ombres,
Marchent dans les sentiers embrasés de l’enfer.

Avant de partir, ils embrassent leurs familles
Qui dorment encore et qu’ils se doivent de nourrir,
Et disent adieu à leurs fils et à leurs filles
Comme le vain Hector sur le point de mourir.

L’usine les attend et leurs bureaux pâles
Et la salle de cours où il fait toujours froid,
Et loin du firmament empli d’étoiles
Et du soleil radieux, ils errent avec effroi.

Ils savent qu’ils ne sont point indispensables,
À la merci de leurs bourreaux et du besoin,
Et ils qu’ils ne sont que de pauvres grains de sable
Que l’inexorable tempête exile loin,

Ils sont plus malheureux qu’ils ne semblent braves,
Et le soir, rentrent chez eux écœurés et las
Après avoir fait leur besogne d’esclaves
Et séjourné dans le noir royaume d’en bas ;

Malgré la fatigue et les contrats éphémères,
Ils sont bien heureux de revenir à la maison
Où il sont épouses, époux, pères et mères,
Et où ils sont aimés et ont toujours raison.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène