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mardi 16 avril 2019

L'encre et le sang

l'encre et le sang

Avec le sang qui sort de nos larges blessures
Nous écrivons toujours nos odes les plus pures,
Et nos cicatrices sont nos plus radieux vers.
La poésie, c’est comme un océan amer
Où nous errons avec désespoir et courage.
Sur les écueils lisant ce sombre mot : « naufrage ! »,
Nous voyons les lyres rouillées jetées au fond
Et les crânes cassés qu’éloignent les typhons 
Et qu’un obscur et vain animal marin foule.
Cette mer est faire de notre sang qui coule,
Et nous nous promenons dans notre propre esprit
Qui saigne sans repos et que rien ne guérit,
Emportés par les vents, emportés par les ondes !
La poésie, c’est la plaie ouverte du monde !
Nos syllabes malades à nos mètres maudits
Chantent un lugubre chant, et l’hémistiche dit
Quelque chose de noir à la petite rime
Que de son poids fatal elle écrase et opprime !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 5 avril 2019

La tempête de sang

LA tempête de sang

Comme une tempête qui perd les voiles
Cassées çà et là dans l’immensité,
Bien loin de la salutaire étoile
Et des pays par les hommes habités,

Mon sang hurle dans la mer de mon être,
Il me tourne et me retourne le cœur,
Quand il gronde, je n’en suis plus le maître,
Et il répète son rire vainqueur,

Il tombe comme l’aigle sur sa proie,
Plus pesant que les mondes réunis,
Sur toute la création qu’il noie,
Et dans l’abîme sans fin la bannit !

Comme si mon corps était le Tartare,
Comme si mon esprit était l’enfer,
Il crie et de son cachot s’effare
En agitant frénétiquement ses fers,

Pareil à un cheval que rien ne dompte,
Dont la crinière est en feu, qui hennit,
Se cabre, court dans sa prison et compte
Les gouffres ouverts et les mondes infinis !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 26 février 2019

Hémorragie

hémorragie

Chaque nuit, je compte les cicatrices
De mon corps blessé par tous les caprices
De la Vie, femme brune aux hauts talons
Aimant les supplices sanglants et longs,
Superbe et monstrueuse créature
Qui connaît les plaisirs de la torture
Et ne forme qu’un seul être avec moi !
Elle me dit : « le vrai bourreau, c’est toi »
En plongeant, l’expression toujours sereine,
Sa dague ensanglantée dans mes veines
Et en criant maintes obscénités,
Puissante et railleuse divinité !

La Vie, chaque fois qu’elle s’ennuie,
Répand notre sang comme de la pluie
Dans les plaines et au-dessus des monts,
Et il va comme les rivières vont
En abreuvant la terre et les bêtes
Et en hurlant comme les tempêtes
Qui secouent cette lamentable mer
Faite du souvenir de nos êtres chers,
De nos soupirs et de nos prières
Et de nos espérances altières !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène