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mercredi 11 septembre 2024

Point de vue sur une lyre rouillée

POINT DE VUE SUR une lyre rouillée

Un poète ennuyé a jeté dans l’ombre
Sa lyre, symbole de son génie divin,
Que rongent maintenant les quatre saisons sombres
Avec leurs dents qui cherchent à la casser en vain.

La pluie et le soleil, le vent et les tempêtes
En ont fait une chose informe et sans valeur.
Il ne reste rien de la lyre du poète,
Oubliée, semblable à une ancienne douleur.

De la rouille ! Blasphème impardonnable, immense !
La Muse, jadis grasse avec ses fils nombreux,
Est aujourd’hui maigre et muette, et elle pense

À ces temps radieux où elle fut honorée
Par ses poètes, même obscurs et malheureux,
À ces temps où elle fut toujours adorée.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 16 avril 2019

L'encre et le sang

l'encre et le sang

Avec le sang qui sort de nos larges blessures
Nous écrivons toujours nos odes les plus pures,
Et nos cicatrices sont nos plus radieux vers.
La poésie, c’est comme un océan amer
Où nous errons avec désespoir et courage.
Sur les écueils lisant ce sombre mot : « naufrage ! »,
Nous voyons les lyres rouillées jetées au fond
Et les crânes cassés qu’éloignent les typhons 
Et qu’un obscur et vain animal marin foule.
Cette mer est faire de notre sang qui coule,
Et nous nous promenons dans notre propre esprit
Qui saigne sans repos et que rien ne guérit,
Emportés par les vents, emportés par les ondes !
La poésie, c’est la plaie ouverte du monde !
Nos syllabes malades à nos mètres maudits
Chantent un lugubre chant, et l’hémistiche dit
Quelque chose de noir à la petite rime
Que de son poids fatal elle écrase et opprime !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène