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CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE Vi)
VI. Le voyage d’Ivan continue : son combat
contre le dragon qui a ravi sa sœur et emprisonné ses deux frères
Ivan vers l’occident et le dragon fatal
Dirige ses grands pas et ceux de son
cheval
Et trouve, après avoir traversé trois
royaumes,
Celui de son ennemi ; il ôte son
heaume,
A un pauvre hère demande : « Mon
ami,
Avez-vous vu une princesse qui blêmit,
Ayant été ravie, le cœur plein de
détresse,
Appelée Vasilisa, aux radieuses tresses ? »
« Oui » répond le mendiant ;
« ai-je bien entendu ?
Où est Vasilisa ? » « On
nous a défendu
De le dire, mon bon chevalier, mais je
pense
Que la princesse est au palais, sans
défense. »
Ivan va au palais sans réfléchir, et
voit
Sa sœur Vasilisa dont il entend la voix :
« Qui êtes-vous, noble chevalier
téméraire ? »
« Je suis Ivan le pois et je suis
votre frère. »
Répond-t-il. A ces mots, Vasilisa en
pleurs
Court embrasser son frère et dit avec
douleur :
« Ô fuyez, mon frère, fuyez !
La mort guette
Les guerriers imprudents qui bravent
cette bête. »
« Je tuerai ce dragon, ce lâche
criminel,
Réplique Ivan le pois. Sœur, un sceau d’hydromel,
C’est tout ce qu’il me faut pour briser
tes chaînes. »
Il le boit d’un seul trait et sans
reprendre haleine,
Et mange aussi, pliant une chaise de
fer.
« C’est celle du dragon qui m’a
ravie, mon cher. »
Lui dit Vasilisa. Ivan rit avec joie :
« Il n’en a point besoin, ma chère,
où je l’envoie. »
Il va ensuite voir le forgeron chenu
De la Cour, heureux qu’un tel héros soit
venu
Défier le vil dragon. Pour qu’il l’en
délivre,
Il fait une barre de fer de mille livres
Qu’il lance avec une telle force dans l’air
Qu’il semble avoir percé le beau
firmament clair.
Elle ne descend pas et au ciel demeure,
Et on l’attend une heure, on l’attend
deux heures ;
Quand elle tombe enfin, il tend la main,
la prend,
Exploit qu’on applaudit et que nul ne
comprend.
On entend tout à coup un rugissement
terrible :
C’est le dragon qui vient et qu’on dit
invincible
Sur son cheval crachant des flammes dans
la nuit.
Seul Ivan le pois reste, et tout le
monde fuit.
Son palais ne tournant pas, il crie avec
colère :
« Il y a quelqu’un à qui sa vie n’est
point chère !
Qui ose me défier ? » « Moi »,
lui répond Ivan.
« Tu es Ivan le pois ? » « C’est
ce qu’on dit souvent. »
Furieux, le noir dragon s’abat avec
violence
Sur l’intrépide Ivan, qui sans peur lui
lance
Sa barre de fer sur la tête, et l’occit.
Ivan ayant tué leur souverain sans
merci,
Les habitants l’acclament et tous le
prient d’être
Leur nouveau souverain et leur nouveau
maître.
Mais Ivan le pois leur dit en les
embrassant :
« C’est grâce au forgeron, homme
bon et puissant,
Que j’ai vaincu votre tyran. Je libère
Avec Vasilisa mes deux courageux frères ;
Mes bons parents m’attendent et je reviens
chez moi.
Mais soyez sans tristesse et soyez sans
émoi :
Je nomme votre roi mon forgeron habile. »
Après avoir sauvé ses frères et la
ville,
Ivan retourne avec eux chez lui ;
en chemin
Il donne l’eau vitale à la vieille ;
ses mains
Deviennent aussi blanches que son beau
visage,
Et sa chevelure blonde malgré son âge.
La tzarine et le tzar étaient tous deux
heureux
De revoir tous leurs fils vivants. Ivan
le preux,
Devient tzar à leur mort, et avec
sagesse
Règne, à tous les pauvres faisant mille
largesses,
Ne souffrant point qu’ils soient devant
lui à genoux,
C’est ainsi que son nom est venu jusqu’à
nous.
[FIN DU CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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lundi 15 mai 2017
Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie VI)
dimanche 14 mai 2017
Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie V)
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CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE V)
V. Le voyage d’Ivan commence
A l’âge de dix ans, Ivan le pois apprit
Que le jour où elle devait prendre mari
Sa sœur avait été par un grand vent ravie
Et que ses deux frères peut-être étaient sans vie.
Il demanda à ses parents la permission
D’aller les libérer et remplir sa mission.
« Non, restez avec nous ! ô pitié divine !
S’écrièrent le tzar et la pauvre tzarine,
Votre sœur est perdue, vos frères ont péri,
Et nos cœurs qui souffrent ne seront point guéris
De vous voir vous aussi périr ou disparaître ! »
« Ne soyez pas inquiets, mes chers parents. Naître
M’a été accordé, je le sens, pour cela :
Sauver tous mes frères. » C’est ainsi que parla
Le courageux Ivan, avec assurance.
Malgré leurs prières et leurs remontrances
Et malgré leurs soupirs et leur affliction,
Ils durent lui donner leur bénédiction.
Il voyage deux jours. Le soir venu, il entre,
A l’heure où les bêtes se cachent dans leurs antres,
Dans une profonde et ténébreuse forêt,
Monté sur son cheval, l’épée en main et prêt
A tous les combats et à toutes les luttes.
Il voit, tournant à tous les vents, une hutte,
Et il lui commande : « Maintenant arrête-toi,
Montre-moi ta porte, que j’entre sous ton toit. »
La hutte obéit à Ivan, son maître,
Qui voit une vieille femme à sa fenêtre.
Il fait sa révérence et demande doucement
Si elle a vu une princesse au firmament
Emportée par le vent, son ravisseur infâme.
« Mon bon fils, lui répond la bonne vieille femme,
Tu m’en vois affligée, je n’ai rien vu de tel,
Mais c’est un vil dragon qu’on dit être immortel,
Qui est son ravisseur, et j’en suis certaine. »
« Un dragon ? où trouver cette bête inhumaine ? »
« C’est dangereux, mon fils, il tue tous ses ennemis,
Et pour tes jeunes jours mon vieux cœur frémit. »
« Ne vous inquiétez pas, ma bonne grand-mère,
Car je réussirai. » « C’est ce que j’espère ;
Si tu vaincs le dragon, pense à me rapporter
L’eau vitale qu’il cache au palais, sa pureté
Me rendra jeune et belle, et je vivrai longtemps. »
« Oui, je vous le promets. » lui dit Ivan content.
Pour qu’il puisse trouver le dragon farouche,
Elle lui dit d’aller où le soleil se couche
Et qu’au bout d’une année de marche et de hasards,
Quand il trouvera la montagne du Renard,
Il pourra demander où se trouve la route
Du palais du dragon, et le saura sans doute.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 13 mai 2017
Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie IV)
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CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE IV)
IV. Comment naquit Ivan le pois, le troisième frère de Vasilisa
Vasilisa, le cœur empli de désespoir,
Croyant ses deux frères morts dans leur cachot noir,
Les pleure abondamment et, pauvre créature,
Refuse pendant trois jours toute nourriture.
Elle songe, toutefois, dans sa morne douleur,
A ce jardin vert où elle cueillait des fleurs,
A son palais, à sa mère et à son père,
Et à sa liberté qu’elle pleure et espère.
Elle dit au dragon, son ravisseur, un jour,
D’une voix doucereuse et en feignant l’amour :
« Seigneur, on m’a appris que grâce à vos ailes
Vous êtes invincible, et puisque j’ai le zèle
De vous connaître et de vous admirer, j’aimerais
De vous-même savoir si cela est bien vrai. »
Flatté, le dragon rit et lui répond : « Ma reine,
Nul ne peut me vaincre, oui. Mais ma marraine
M’a prédit qu’un garçon nommé Ivan le pois
Qui porte bien son nom, pour mon plus grand émoi,
Viendra pour me tuer. Ma beauté nonpareille,
Je me moque de ces prophéties de vieilles ;
Que ce garçon vienne et il sera terrassé
Et par mes deux ailes brisé, broyé, cassé. »
La tzarine et le tzar, pendant ce temps, étaient
Aux alarmes, et pour leurs trois fils s’inquiétaient
Mortellement, père et mère et non reine et roi,
Les yeux pleins de larmes et l’âme emplie d’effroi.
Un matin, la tzarine était seule et pensive
Dans son radieux jardin, rendue pâle et chétive
Par sa grande douleur qui lui rongeait le cœur.
Or elle eut soif – besoin invincible et vainqueur –
Puisa de l’eau dans un beau bassin de marbre
Et la but avidement sous un immense arbre
En avalant avec elle un tout petit pois.
Elle mit au monde un garçon après neuf mois.
On l’appela Ivan le pois. Chose stupéfiante :
Beau, intelligent et d’une force étonnante,
Il grandissait vite, ce minuscule amour,
Non d’année en année, mais bien de jour en jour,
Avec la rapidité et la puissance
Du pois à l’origine de sa naissance.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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