lundi 15 mai 2017

Conte: Vasilisa à la tresse d'or (Partie VI)

CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR (PARTIE Vi)


VI. Le voyage d’Ivan continue : son combat contre le dragon qui a ravi sa sœur et emprisonné ses deux frères

Ivan vers l’occident et le dragon fatal
Dirige ses grands pas et ceux de son cheval
Et trouve, après avoir traversé trois royaumes,
Celui de son ennemi ; il ôte son heaume,
A un pauvre hère demande : « Mon ami,
Avez-vous vu une princesse qui blêmit,
Ayant été ravie, le cœur plein de détresse,
Appelée Vasilisa, aux radieuses tresses ? »
« Oui » répond le mendiant ; « ai-je bien entendu ?
Où est Vasilisa ? » « On nous a défendu
De le dire, mon bon chevalier, mais je pense
Que la princesse est au palais, sans défense. »
Ivan va au palais sans réfléchir, et voit
Sa sœur Vasilisa dont il entend la voix :
« Qui êtes-vous, noble chevalier téméraire ? »
« Je suis Ivan le pois et je suis votre frère. »
Répond-t-il. A ces mots, Vasilisa en pleurs
Court embrasser son frère et dit avec douleur :
« Ô fuyez, mon frère, fuyez ! La mort guette
Les guerriers imprudents qui bravent cette bête. »
« Je tuerai ce dragon, ce lâche criminel,
Réplique Ivan le pois. Sœur, un sceau d’hydromel,
C’est tout ce qu’il me faut pour briser tes chaînes. »
Il le boit d’un seul trait et sans reprendre haleine,
Et mange aussi, pliant une chaise de fer.
« C’est celle du dragon qui m’a ravie, mon cher. »
Lui dit Vasilisa. Ivan rit avec joie :
« Il n’en a point besoin, ma chère, où je l’envoie. »
Il va ensuite voir le forgeron chenu
De la Cour, heureux qu’un tel héros soit venu
Défier le vil dragon. Pour qu’il l’en délivre,
Il fait une barre de fer de mille livres
Qu’il lance avec une telle force dans l’air
Qu’il semble avoir percé le beau firmament clair.
Elle ne descend pas et au ciel demeure,
Et on l’attend une heure, on l’attend deux heures ;
Quand elle tombe enfin, il tend la main, la prend,
Exploit qu’on applaudit et que nul ne comprend.
On entend tout à coup un rugissement terrible :
C’est le dragon qui vient et qu’on dit invincible
Sur son cheval crachant des flammes dans la nuit.
Seul Ivan le pois reste, et tout le monde fuit.
Son palais ne tournant pas, il crie avec colère :
« Il y a quelqu’un à qui sa vie n’est point chère !
Qui ose me défier ? » « Moi », lui répond Ivan.
« Tu es Ivan le pois ? » « C’est ce qu’on dit souvent. »
Furieux, le noir dragon s’abat avec violence
Sur l’intrépide Ivan, qui sans peur lui lance
Sa barre de fer sur la tête, et l’occit.
Ivan ayant tué leur souverain sans merci,
Les habitants l’acclament et tous le prient d’être
Leur nouveau souverain et leur nouveau maître.
Mais Ivan le pois leur dit en les embrassant :
« C’est grâce au forgeron, homme bon et puissant,
Que j’ai vaincu votre tyran. Je libère
Avec Vasilisa mes deux courageux frères ;
Mes bons parents m’attendent et je reviens chez moi.
Mais soyez sans tristesse et soyez sans émoi :
Je nomme votre roi mon forgeron habile. »
Après avoir sauvé ses frères et la ville,
Ivan retourne avec eux chez lui ; en chemin
Il donne l’eau vitale à la vieille ; ses mains
Deviennent aussi blanches que son beau visage,
Et sa chevelure blonde malgré son âge.
La tzarine et le tzar étaient tous deux heureux
De revoir tous leurs fils vivants. Ivan le preux,
Devient tzar à leur mort, et avec sagesse
Règne, à tous les pauvres faisant mille largesses,
Ne souffrant point qu’ils soient devant lui à genoux,
C’est ainsi que son nom est venu jusqu’à nous.

[FIN DU CONTE: VASILISA À LA TRESSE D'OR]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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