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jeudi 12 août 2021

Le sommeil de Houdhayfah ibn al-Yaman

Le sommeil de Houdhayfah ibn al-yaman

Celui qui obéit au Prophète obéit à Dieu. Nous ne t’avons pas envoyé pour être le gardien de ceux qui se détournent de la foi. (Coran, 4, 80)

Houdhayfah dit : « La nuit des Partis, nous étions
Avec le Prophète, moi et des compagnons.
Le vent soufflait et il faisait froid. Le Prophète
Nous répéta trois fois sur ces entrefaites :
“Qui ira espionner notre ennemi pour moi ?
Au jour du Jugement dernier, grâce à sa foi,
Il m’accompagnera.” Le froid et l’habitude
Qu’un de nous réponde, et de plus la lassitude,
Rendirent tous ceux qui étaient là silencieux.
À la troisième fois, le messager de Dieu
Me dit : “Ô Houdhayfah, lève-toi et espionne
L’ennemi pour nous. Sois discret et ne lui donne
Aucune inquiétude.” Je ne pus dire non :
Le Prophète m’avait appelé par mon nom.
Je me lève donc, et ô divin prodige !
Nul vent ne m’attend et aucun froid ne m’afflige,
Et je marche comme dans un bain de vapeur.
Abou Soufiane est là, et je le vois sans peur
Se réchauffer auprès d’un feu. Je me prépare
Et je bande mon arc et rien ne m’effare,
Car je veux le tuer. Soudain je me souviens
De l’ordre du Prophète, et je me retiens.
Dans la même chaleur prodigieuse je marche
Et je reviens dire au Prophète ce qu’il cherche
À savoir. Aussitôt mon devoir accompli,
J’ai de nouveau froid et de nouveau je pâlis.
Le Prophète me donne alors une tunique
Qu’il porte pour prier – présent beau et unique ! –
Je dors jusqu’au matin. Il vient avec douceur
Me dire : “Réveille-toi, paresseux dormeur.” »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 12 mars 2019

À des anges partis trop tôt

à des anges partis trop tôt

Douze bébés ont péri dans le service de néonatalité de l’hôpital la Rabta, en Tunisie, vraisemblablement à cause d’une erreur humaine. Ce poème est dédié à leur douce mémoire. Que les responsables de ce forfait soient punis !

Pauvres petits ! dans les cieux infinis,
Vous avez ouvert vos petites ailes
Pour vous envoler, radieux et bénis,
Et comme vos vies, vos courtes vies, frêles !

Vous avez donc quitté ce monde hideux,
Et la Mort a pleuré en voyant ses victimes,
Ces doux enfants, elle a eu pitié d’eux,
Et sa faux a tremblé avant son crime !

Elle a vu ces blancs et menus linceuls
Sous lesquels ils respiraient à peine
Avant que de mourir dans l’ombre seuls,
A cause de la bêtise humaine !

Douze petits, douze petits ! Hélas !
Comme il n’y a point de cercueils à leur taille,
On les a rendus à leurs parents las
Dans des cartons, déchets que l’on raille,

Au crime ajoutant l’humiliation
Et au meurtre ajoutant le blasphème,
Pour les parents aussi sans compassion
Comme pour leurs enfants que tout aime :

L’aurore, le vent, le ciel, le soleil,
L’hiver, le printemps, l’été et l’automne,
Qui ont sombré dans l’éternel sommeil
Et qu’a dévorés la nuit monotone !

Vous avez ravi comme des voleurs
Ces rayons au ciel, ces fleurs à la vie !
Malheur à vous, malheur, malheur, malheur !
Et que toute joie vous soit ravie !

Soyez flétris, sinistres criminels !
Maudits, que le gouffre vous emporte
Comme le vent emporte jusqu’au ciel
Les grains de poussière et les branches mortes !

Et vous, mes doux petits, soyez bénis
Et allez comme un encens que l’on brûle
Jusqu’aux sommets du ciel, tous réunis,
Loin de la tempête et du crépuscule !  


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène