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dimanche 28 décembre 2025

Café clos

café clos

Le café est fermé, rongé par la poussière,
Et laisse entrer un peu de vent et de lumière,
Des spectres aux tables viennent boire et manger,
Et ne font aucun bruit, étranges et étrangers.

La façade est faite de maintes grandes vitres
Noircies par le destin et la pluie, ces bélîtres
Qui errent tous les deux et ne sont jamais las ;
Des touffes d’herbe poussent et viennent çà et là,
Avec obstination, presque avec violence,
Rappeler que la vie croît dans le silence
Et que la nature sait toujours profiter
De chaque fissure, et saura s’y inviter.

À travers la vitre on voit tout un monde sombre,
Des chaises en rotin et des tables dans l’ombre
Qui dorment, impassibles, dans la crasse et le noir
Et qui ont désormais la couleur du trottoir,
Comme si le café et la rue, ces deux mondes,
N’en était plus qu’un seul, qui chuchote et gronde.

Et tout cela pousse d’invincibles soupirs
Et comme nous, est en train de vivre et mourir
Dans un vaste suaire aux blancheurs déchirées
D’où jaillissent en criant des âmes torturées.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 5 décembre 2025

Bruit blanc

 BRUIT BLANC

La ville, comme une vague,
Sur l’écueil blanc de mon esprit,
Se brise, charmante et vague,
De cette mer je suis épris.

Elle grandit, elle déferle,
Comme une flamme m’envahit,
Dans la mer je trouve des perles,
La ville devient un pays,

Un pays vert et immense,
Un pays vaste et chaleureux,
Et chaque fois que je pense,
Le chaos me rend plus heureux.

Le café est un sanctuaire
Et la rue est un temple ancien,
Le tumulte me libère
Et l’ivresse des sens survient,

Et tout me paraît plus vaste,
Plus vivant, plus grand et plus lourd,
Le rayon de l’aurore chaste
Me traverse et se change en jour,

La brise se change en tempête,
Une étoile devient la nuit,
Les vers emplissent ma tête,
Un chant de lyre me poursuit,

Et dans cette ville que j’aime,
J’erre comme dans un blanc bois,
Hirsute, heureux et blême,
J’entends, je contemple et je vois.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 6 juillet 2024

Point de vue sur le café

POINT DE VUE SUR Le café

C'est le breuvage magique et béni
Des philosophes et des poètes
Qui ont de vastes rêves d'infini
Et dans le cœur et l'esprit des tempêtes ;

C'est la boisson du sombre travailleur
Qui se lève un peu avant l'aurore
Et revient, le front empli de sueur,
Avant d'aller travailler encore ;

C'est l'alcool du pauvre, deux fois maudit
Par les hommes et par l'existence,
Qu'on a fait descendre du paradis

Dans un plateau de service doré
Appesanti de maintes substances,
Pour que le pauvre aussi soit honoré.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 14 janvier 2020

Compagnie extravagante

compagnie extravagante 

Il est doux, dans un café minable
Dont les murs sont jaunes et semblent tousser,
De rire avec bonheur comme des diables
En comptant les beautés qu’on voit passer

Comme on compte derrière les nuages
Les rayons du soleil le plus radieux,
Et comme on compterait les mirages
Qui reluisent doucement sous les cieux.

On boit son café et on devise
Avec quelques gaillards qui ne font rien
De la vie et la mort qu’on a comprises
Des femmes, du football, du mal, du bien,

De l’humanité, de la politique !
La fumée forme un immense brouillard,
On est comme dans les enfers antiques,
Cherchant une Eurydice du regard ;

On en sort couvert de la boue humaine,
Sali par les futilités, content,
Le cœur léger et l’âme sereine,
Souhaitant être resté plus longtemps,

On dit au revoir à toute la bande
– Les vrais amis, ceux qui ne le sont pas –
On s’en va enfin, et on se demande
Avant de revenir, ce qu’on faisait là.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène