|
café clos Le café est fermé, rongé par la poussière, Et laisse entrer un peu de vent et de lumière, Des spectres aux tables viennent boire et manger, Et ne font aucun bruit, étranges et étrangers. La façade est faite de maintes grandes vitres Noircies par le destin et la pluie, ces bélîtres Qui errent tous les deux et ne sont jamais las ; Des touffes d’herbe poussent et viennent çà et là, Avec obstination, presque avec violence, Rappeler que la vie croît dans le silence Et que la nature sait toujours profiter De chaque fissure, et saura s’y inviter. À travers la vitre on voit tout un monde sombre, Des chaises en rotin et des tables dans l’ombre Qui dorment, impassibles, dans la crasse et le noir Et qui ont désormais la couleur du trottoir, Comme si le café et la rue, ces deux mondes, N’en était plus qu’un seul, qui chuchote et gronde. Et tout cela pousse d’invincibles soupirs Et comme nous, est en train de vivre et mourir Dans un vaste suaire aux blancheurs déchirées D’où jaillissent en criant des âmes torturées. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
Affichage des articles dont le libellé est café. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est café. Afficher tous les articles
dimanche 28 décembre 2025
Café clos
vendredi 5 décembre 2025
Bruit blanc
|
BRUIT BLANC La ville, comme une vague, Sur l’écueil blanc de mon esprit, Se brise, charmante et vague, De cette mer je suis épris. Elle grandit, elle déferle, Comme une flamme m’envahit, Dans la mer je trouve des perles, La ville devient un pays, Un pays vert et immense, Un pays vaste et chaleureux, Et chaque fois que je pense, Le chaos me rend plus heureux. Le café est un sanctuaire Et la rue est un temple ancien, Le tumulte me libère Et l’ivresse des sens survient, Et tout me paraît plus vaste, Plus vivant, plus grand et plus lourd, Le rayon de l’aurore chaste Me traverse et se change en jour, La brise se change en tempête, Une étoile devient la nuit, Les vers emplissent ma tête, Un chant de lyre me poursuit, Et dans cette ville que j’aime, J’erre comme dans un blanc bois, Hirsute, heureux et blême, J’entends, je contemple et je vois. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
samedi 6 juillet 2024
Point de vue sur le café
|
POINT DE VUE SUR Le café C'est le breuvage magique et béni Des philosophes et des poètes Qui ont de vastes rêves d'infini Et dans le cœur et l'esprit des tempêtes ; C'est la boisson du sombre travailleur Qui se lève un peu avant l'aurore Et revient, le front empli de sueur, Avant d'aller travailler encore ; C'est l'alcool du pauvre, deux fois maudit Par les hommes et par l'existence, Qu'on a fait descendre du paradis Dans un plateau de service doré Appesanti de maintes substances, Pour que le pauvre aussi soit honoré. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
mardi 14 janvier 2020
Compagnie extravagante
|
compagnie extravagante
Il est doux,
dans un café minable
Dont les murs
sont jaunes et semblent tousser,
De rire avec
bonheur comme des diables
En comptant les
beautés qu’on voit passer
Comme on compte
derrière les nuages
Les rayons du
soleil le plus radieux,
Et comme on
compterait les mirages
Qui reluisent
doucement sous les cieux.
On boit son café
et on devise
Avec quelques
gaillards qui ne font rien
De la vie et la
mort qu’on a comprises
Des femmes, du
football, du mal, du bien,
De l’humanité,
de la politique !
La fumée forme
un immense brouillard,
On est comme
dans les enfers antiques,
Cherchant une
Eurydice du regard ;
On en sort
couvert de la boue humaine,
Sali par les
futilités, content,
Le cœur léger et
l’âme sereine,
Souhaitant être
resté plus longtemps,
On dit au revoir
à toute la bande
– Les vrais
amis, ceux qui ne le sont pas –
On s’en va
enfin, et on se demande
Avant de revenir,
ce qu’on faisait là.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
à
23:56
0
commentaires
Libellés :
blog,
café,
compagnie,
extravagante,
muse,
poème,
poésie,
soupirs,
tunisie
Inscription à :
Articles (Atom)



