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CONTE: L'ERMITE JEAN (PARTIE II)
II. Ce qui arriva à l’ermite, et comment il déjoua
les ruses des brigands
En route il rencontra une jeune fille
Qui s’enfuit en criant les noms de sa
famille.
« Diable ! se dit le saint.
S’ils fuirent tous je mourrai. »
Il vit une femme qui alors labourait
Son champ. « Femme, donne-moi une
de tes robes !
Je n’ai point de vêtements et marche
depuis l’aube. »
« Ah, le vilain homme, d’où peut-il
bien sortir ? »
S’écria la femme qui se hâta de fuir,
Et la pauvre ermite ne trouva sur la
route
Qu’un drap de lit, qu’il prit pour un
présent sans doute,
Envoyé par Dieu, et dont il s’enveloppa.
Son maître cria au voleur ; il
s’échappa,
Fut arrêté et mis dans une prison
sombre.
Les habitants vinrent le délivrer de
l’ombre
Quand ils surent ce qui arriva à leur
saint,
L’histoire des brigands et de leur vil
larcin.
Sa cabane, dont tous connaissaient la
porte,
Remplie de provisions de toutes les
sortes,
Attira de nouveau nos ténébreux
brigands.
Montant donc sur le toit, la bande
d’intrigants
Se prit à chanter à notre pauvre
ermite :
« Bon Jean, si tu veux au paradis
monter vite,
Jette tes provisions et tous tes biens
dehors ! »
Mais l’ermite, lassé de ces anges
retors,
Chanta à son tour : « Dites à
Jésus, bons anges,
Que je ne comprends point ses demandes
étranges
Car il se joue de moi malgré toute ma
foi,
Et il ne me trompera pas plus d’une
seule fois. »
Voyant que l’ermite ne se laisserait pas
faire,
Le chef des brigands leur dit : « Moi
je préfère
Que nous allions demain chercher fortune
ailleurs,
Loin de cet ermite et à cent lieues du
Seigneur. »
[FIN DU CONTE: L'ERMITE JEAN]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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jeudi 28 juillet 2016
Conte: L'ermite Jean (Partie II)
dimanche 24 juillet 2016
Conte: L'ermite Jean (Partie I)
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CONTE: l'ermite jean (partie i)
I. Les deux mauvais tours que des brigands jouèrent à l’ermite Jean
Le bon ermite Jean vivait loin du monde
Et des hommes, dans sa solitude profonde,
Caché de tous, hormis de Dieu, et toujours prêt
A prier, dans une ténébreuse forêt.
Toujours en pénitence et du jeûne allègre,
On comptait tous ses os, tellement il était maigre,
Mais tous les habitants venaient, par charité,
Lui apporter des vivres, et tous en vérité
Le révéraient, pensant qu’il était un saint homme.
Pour une grossesse ou pour chasser un fantôme,
On l’implorait souvent de prier le bon Dieu.
Or un jour des voleurs aussi hardis qu’odieux
Se dirent : « Cet homme ne vit que de prières !
Prenons ces provisions, il n’en profite guère !
Mais on dit que c’est un saint qu’aime le Seigneur ;
Ne lui faisons aucun mal ». Les brigands railleurs
Prirent toutes sortes d’instruments de musique.
« Il entendra bientôt l’hymne béatifique ! »
S’écria en riant un des brigands armés
D’une harpe, espèce de lutin déformé.
« En effet, il va ouïr le concert céleste ! »
S’égosilla l’autre, un jeune homme leste.
Et ils montèrent tous, pour qu’ils chantassent en chœur,
Sur le toit de son bouge, et chantèrent, moqueurs :
« Jean, mon bon Jean, Jésus ici nous envoie !
Jette tes provisions, monte au ciel avec joie ! »
En entendant ces voix et ce chant enchanteur,
Jean crut ouïr les anges béatificateurs.
Il jeta donc, avec la joie d’un homme ivre,
Tout ce qu’il possédait ainsi que tous ses vivres.
Un voleur enlevait, adroitement d’ailleurs,
Avec une corde, le butin du Seigneur.
Quand tout fut enlevé, les anges, pour rire,
Une nouvelle fois à chanter se mirent :
« Jean, pour monter au ciel jette tes vêtements.
Et danse allègrement ». L’ermite, bêtement,
Se dit : « Ma foi, voilà une idée bien drôle
Du bon Dieu ! Mais je dois obéir, c’est mon rôle. »
Il se déshabilla et dansa bien longtemps.
Las enfin, de ne point voir d’anges mécontent,
Il se dit : « Ah, Dieu se moque de moi, sans doute ! »
Les brigands, eux, riaient et se mirent en route,
Et lui se repentit et s’endormit enfin.
Quand il se réveilla, le pauvre avait grand faim ;
Rien sur son corps et rien, hélas, dans sa demeure !
« Il me faut demander l’aumône ou que je meure. »
Pensa l’ermite Jean. Mais nu ? oui. Nul regard
Ne s’arrêterait sur un vieillard maigre et hagard.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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