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l'aveugle, le lépreux et le chauve Le diable vous met devant les yeux l’image de la pauvreté. Il vous commande le crime : mais le Seigneur vous promet le pardon et l’abondance. Il est savant et infini. (Coran, 2, 268) Il y avait, autrefois, trois amis hébreux, L’un chauve, l’autre aveugle et le dernier lépreux. Dieu, dans sa sagesse, leur envoya un ange, Car il éprouve le cœur de l’homme qui change. L’ange va au lépreux pour savoir son souhait. Le lépreux lui répond : « Tout ici-bas me hait. Je veux une couleur et une peau plus belles. » L’ange caresse ses infections rebelles, Et le lépreux guérit et il redevient beau. « Quel bien désires-tu ? » « Je voudrais des chameaux » Répond le lépreux. « Tu auras une chamelle En gestation et en bonne santé. Elle Te donnera, grâce à Dieu, force chamelons, Et ton troupeau sera fertile et sera long. » L’ange va au chauve et lui demande son vœu. « C’est, lui répond-il, que repoussent mes cheveux. Car les hommes me fuient et me croient malade. » L’ange donne alors à cet homme maussade Une belle chevelure et lui donne son bien, Une vache fertile. « Un troupeau sera tien, Dit l’ange au chauve, avec des bêtes fécondes Aussi nombreuses que dans la mer les ondes. » L’ange va à l’aveugle afin de savoir Ce qu’il désire, et il lui répond : « Je veux voir Les hommes qui me voient ! » Il voit et demande Des moutons. « Tes bêtes seront fertiles et grandes, Lui dit l’ange, et Dieu bénira ton troupeau. Voici une brebis avec son agneau. » Les trois amis ont des bêtes innombrables. L’ange, déguisé en homme misérable, Revient les voir, et il implore le lépreux : « Au nom de Dieu qui t’a rendu riche et heureux Et t’a guéri, aide-moi dans mon voyage. Donne-moi un chameau. » « C’est mon héritage, Lui répond le lépreux. Cesse de m’ennuyer, J’ai de l’argent, mais j’ai des dettes à payer. » L’ange alors dit : « Si tu mens, que Dieu t’appauvrisse Te rende la lèpre et châtie ton avarice. » L’ange va à l’homme chauve, et à lui aussi En l’implorant conte son douloureux récit. Le chauve lui répond de la même manière Que son ami lépreux, las de ses prières. « Si tu mens, dit l’ange, que Dieu, t’affligeant, Te rende de nouveau et chauve et indigent. » Il va voir l’aveugle et lui dit : « Je t’en implore Au nom du dieu clément et grand que tu adores, Qui t’a rendu la vue ; sois généreux et bon, À un voyageur donne un seul de tes moutons. » L’aveugle lui répond : « Je ne voyais que l’ombre, Dieu m’a rendu la vue. Ce troupeau sans nombre Est un autre présent qu’il m’a fait. Étranger, Prends ce que tu veux, je ne vais point m’affliger De te donner de ce que Dieu me donne. » « Garde tes biens, lui dit l’ange. Ton âme est bonne, Dans cette épreuve le Seigneur t’a affermi, |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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dimanche 20 décembre 2020
L'aveugle, le lépreux et le chauve
mercredi 9 octobre 2019
La Création aveugle
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La création aveugle
Dans ce monde
qui nous remplit d’effroi,
Tout sans raison
diminue et croît,
L’arbre cassé
par la tempête et l’herbe
Qui reluit dans
les champs, fraîche et superbe.
Où va la mer aux
ondes sans répit ?
Quand le soleil
vient gonfler les épis,
Quel chemin
prend-t-il, dans le ciel immense ?
Où se cache l’orage
sans clémence
Après avoir
grondé, brisé, détruit ?
Pourquoi l’arbre
appesanti de ses fruits
Les fait-il
tomber, pourris, dans l’abîme ?
Que veulent les
paysages sublimes ?
Tout cela est
absurde, hélas, et vain !
Avec ses
montagnes et ses ravins,
La nature est
grande et imbécile,
Le sein toujours
plein de lait et fertile,
Elle enfante
seulement pour enfanter,
L’homme par sa
sève et épouvanté
Et entre, chaque
fois qu’il la contemple,
Dans un
incommensurable temple
Aussi chaud que
le soleil et le sang,
Empli de parfums
envoûtants, d’encens
Et de statues de
la Callipyge,
Qui lui donnent
le même vertige.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 23 août 2019
Cécité prophétique
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cécité prophétique
Tirésias, Athéna surprise dans son bain
Mit sur tes yeux éblouis son implacable
main
Mais n’emplit pas ton cœur et ton esprit
d’ombre ;
Alors que les mortels errent dans la
nuit sombre,
Tu errais sereinement dans la douce
clarté
En emplissant de ta parole la cité
Et en montrant du doigt, comme un guide
funèbre,
Aux mortels leur néant ainsi que leurs
ténèbres.
Orion, tu marchas seul dans la profonde
mer
Comme un homme vaincu et accablé de fers,
Ne voyant rien, bercé par le son des
ondes,
Touchant les étoiles dans la nuit du
monde
Pour trouver de Lemnos l’improbable
chemin,
Caressant le soleil au-dessus de tes
mains
Qui te rendit l’espoir et te rendit la
vue
Comme une vérité qui descendit des nues.
Némésis, la colère est ton pays natal.
Tu marches, les yeux ceints de ton
bandeau fatal,
Afin de ne pas voir les plaies de tes
victimes,
Punissant l’innocence et châtiant le
crime,
Armée de ton flambeau qui est ton seul
soleil
Et ne jouissant jamais du repos du
sommeil,
Attentive, quand leur cœur la nuit se
lamente,
Aux tristes prières des sombres amantes.
Vous êtes tous maudits, et vous êtes
bénis,
Et votre cécité est un jour infini
Qui de ses éternels rayons vous éclaire,
Quand vous allez dans vos chemins
crépusculaires.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
à
00:55
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