Affichage des articles dont le libellé est Thésée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thésée. Afficher tous les articles

jeudi 10 janvier 2019

Ariane au rivage

 Ariane au rivage

Ariane, sombres étaient vos douleurs
Devant cette mer faite de vos pleurs
Dont chaque flot raillait votre détresse
Comme si vous étiez sa maîtresse
Et non celle du roi au cœur cruel
Qui vous laissa ainsi, sous le grand ciel.

Debout sur le ténébreux rivage,
Vous cherchiez le vaisseau et le visage
De celui qui vous a trahie, hélas !
Les yeux fermés, le cœur triste et las,
Vous respiriez le parfum immense
De la mer sans fin et sans clémence,
Et vos pieds roses, frêles et petits,
Par le sable étaient tout appesantis
Comme s’il contenait, ma douce reine,
D’invisibles et de lourdes chaînes !
Vos yeux s’ouvraient avec désarroi :
La mer et le rivage et point de roi,
Les flots et la grève incommensurables
Qui raillaient une reine misérable !
Et tant vous gémissiez comme il gémit,
Vous croyiez être l’océan ennemi.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 4 décembre 2016

La colère de Thésée

La colère de thésée

Pierre-Narcisse Guérin, Phèdre et Hippolyte (1802)

Thésée, l’œil plein de flammes,
Abusé par sa femme,
Contemple son fils et dit :
« Hippolyte, sois maudit ! »

Pour sceller son infortune,
Du vœu que lui doit Neptune,
Il s’est souvenu, irrité.
Son fils n’a point mérité,
Certes, ce châtiment sombre,
Mais comme une sinistre ombre
La colère, bandeau noir,
Fourbe, l’empêche de voir
Les radieux artifices
De Phèdre qui au supplice
Condamne un fils innocent
Dont elle répand le sang
Et perce le cœur chaste !
Triste comme Jocaste
Et emplie de ses remords,
Prête à se donner la mort,
Dans sa main blanche elle tient
Un couteau et se souvient.
Sa nourrice lui murmure
Comme sur une ramure
Un nocturne et vil corbeau,
La prière du tombeau.

Hippolyte, honorable,
D’un geste vénérable,
En tremblant du mot final,
Arrête le tribunal
Sans oser se défendre,
Ne daignant rien entendre.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène