jeudi 10 janvier 2019

Ariane au rivage

 Ariane au rivage

Ariane, sombres étaient vos douleurs
Devant cette mer faite de vos pleurs
Dont chaque flot raillait votre détresse
Comme si vous étiez sa maîtresse
Et non celle du roi au cœur cruel
Qui vous laissa ainsi, sous le grand ciel.

Debout sur le ténébreux rivage,
Vous cherchiez le vaisseau et le visage
De celui qui vous a trahie, hélas !
Les yeux fermés, le cœur triste et las,
Vous respiriez le parfum immense
De la mer sans fin et sans clémence,
Et vos pieds roses, frêles et petits,
Par le sable étaient tout appesantis
Comme s’il contenait, ma douce reine,
D’invisibles et de lourdes chaînes !
Vos yeux s’ouvraient avec désarroi :
La mer et le rivage et point de roi,
Les flots et la grève incommensurables
Qui raillaient une reine misérable !
Et tant vous gémissiez comme il gémit,
Vous croyiez être l’océan ennemi.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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