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vendredi 25 janvier 2019

Les rochers de Sisyphe

LES rochers de sisyphe

Pareils à Sisyphe, dans la grande ombre,
Nous roulerons notre rocher sombre
Aussi pesant que nos vastes remords,
Fait du vague souvenir de nos morts,
De nos pleurs pétrifiés et imbéciles,
Et de nos rêves, ces beaux fossiles !
Nos moites rochers nous collent à la peau,
Mettent notre volonté en lambeaux
Et nous cassent les os et les ongles ;
Nous sommes comme un bouffon qui jongle
Avec tous ses membres ensanglantés !
Amour, bonheur, salut, espoir, santé :
Nos vaines illusions sont si pesantes !
Sans voir le somment qui nous épouvante
Bien qu’il nous soit éternellement caché
Par le ciel noir et le sombre rocher,
Le sang aux doigts, la sueur au visage,
Désolés comme l’est le paysage,
Nous gravissons le vieux mont acéré
Avec notre compagnon adoré,
Loin de nos souvenirs et de nos familles,
Et même les enfants poussent des billes !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 26 mai 2018

L'inconscience de Sisyphe

L'inconscience de sisyphe

Les dieux sont morts, mais Sisyphe l’ignore,
Roulant son rocher du soir à l’aurore,
Ecrasé, balafré et mutilé,
Par son destin ridicule appelé.
Couvert de sang et de sueur dans l’ombre,
Il gravit le mont, travailleur sombre
Dont l’employeur est sinistre et absent,
Sans gémir, puissant et impuissant,
Regardant son fardeau granitique,
Ne regardant ni le ciel antique
Traversé de fantastiques lueurs,
Ni le désert comme lui en sueur,
Avec des oasis au visage,
Qui s’étend, inexorable passage
Infini, ne conduisant nulle part.

Sisyphe poursuit, obstiné, hagard,
Son œuvre devenue deux fois inutile,
Son ennui aussi grand qu’une ville
Dont nul Thésée ne parvient à sortir,
Et qu’il veut dans le Tartare bâtir.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène