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jeudi 2 juillet 2020

Re-Vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles

RE-vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles

D’après le poème  « Vous rochers orgueilleux,et vous forêts fidèles » de Flaminio de Birague (1550?-16..), duquel je ne garde ici que la première strophe

Vous rochers orgueilleux, et vous forêts fidèles
Que je fais retentir de mes chants languissants,
Antres qui répondez à mes tristes accents,
Quand vous oyez le son de mes plaintes mortelles,

Mon cœur est comme vous, profond et insondable,
Forêts, j’aime mieux vos bêtes que les humains,
Rochers, vous êtes durs, mais les êtres sont vains !
Vous rappelez tous les deux à l’homme inconsolable

Qui cherche un refuge loin de la ville altière
Et que sa misère de sa maison bannit,
Que rien ici-bas n’est plus dur que le granit
Ni plus profond que l’ombre et que la matière.

Rochers, pour celui qui est loin de ceux qu’il aime
Et qui a perdu ses rêves et ses amis,
Vous êtes plus tendres que son lit et soumis,
Et il vous raconte ses histoires blêmes ;

Forêts, de nous perdre vous nous donnez envie,
Et de devenir votre verdure et vos parfums,
De ne jamais trouver, dans vos sentiers sans fin,
Tel un monstre hagard, le sens de cette vie.

Je veux demeurer dans vos douces retraites
Afin d’être oublié et afin d’oublier,
Vous qui êtes toujours grands et hospitaliers
Aux pensées cachées et aux douleurs muettes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 25 janvier 2019

Les rochers de Sisyphe

LES rochers de sisyphe

Pareils à Sisyphe, dans la grande ombre,
Nous roulerons notre rocher sombre
Aussi pesant que nos vastes remords,
Fait du vague souvenir de nos morts,
De nos pleurs pétrifiés et imbéciles,
Et de nos rêves, ces beaux fossiles !
Nos moites rochers nous collent à la peau,
Mettent notre volonté en lambeaux
Et nous cassent les os et les ongles ;
Nous sommes comme un bouffon qui jongle
Avec tous ses membres ensanglantés !
Amour, bonheur, salut, espoir, santé :
Nos vaines illusions sont si pesantes !
Sans voir le somment qui nous épouvante
Bien qu’il nous soit éternellement caché
Par le ciel noir et le sombre rocher,
Le sang aux doigts, la sueur au visage,
Désolés comme l’est le paysage,
Nous gravissons le vieux mont acéré
Avec notre compagnon adoré,
Loin de nos souvenirs et de nos familles,
Et même les enfants poussent des billes !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène