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LA MORT Du prophète Mahomet n’est que l’envoyé de Dieu. D’autres apôtres l’ont précédé. S’il mourait ou s’il était tué, abandonneriez-vous la foi ? Votre apostasie ne saurait nuire à Dieu ; et il récompense ceux qui lui rendent grâce. (Coran, 3, 144) Le Prophète, à Khaibar, fut un jour l’invité D’une femme juive qui avait médité De le tuer, Zaïnab. Il avait la fièvre Car elle empoisonna la viande de la chèvre Dont il mangea, qu’elle rôtit et prépara Elle-même, tuant Bichr, le fils d’Al-Baraa. Il la fit venir et lui demanda : « Femme, Dis-moi pourquoi tu as commis ton crime infâme. » Zaïnab, dont l’esprit jaloux fut égaré, Savait les prophéties de son livre sacré Et que Mahomet est le messager ultime. Elle lui répondit : « Oui, j’ai commis un crime. Si tu es, cependant, le messager de Dieu, Tu mourras en paix. Si tu n’es qu’un roi odieux, Ce que j’ai fait plaira au Seigneur suprême. » Ne désirant point se venger pour lui-même, Le Prophète livra cette femme, laissant Le soin de la tuer aux seigneurs du sang. Son front était ceint d’un bandeau. Fort malade, Il demanda à ses femmes pour seule aide De le laisser mourir à la maison d’Aïcha. Pour qu’il commandât la prière on le chercha. Il dit : « Qu’Abubaker aujourd’hui le fasse » Et il envoya le Véridique à sa place. Il vint à la mosquée une seule fois Et rappela à tous de garder la foi ; Voyant au paradis son radieux siège, À Dieu qui récompense et toujours protège Il dit dans l’agonie : « À côté du Très-Haut ! » Et il mourut comme il vécut : serein et beau. Toute la ville apprit la sombre nouvelle, Elle pleurait et on pleurait avec elle Le Prophète de Dieu, devant cette maison, Attendant un miracle ou une guérison, Interrogeant jusqu’aux oiseaux dans les arbres. Omar Ibn Al-Khattab, montrant à tous son sabre, S’écria : « Je jure par Allah que celui Qui dira qu’il est mort, je le tue aujourd’hui. » On se recula, tant on craignait sa colère. La barbe baignée de pleurs, disant des prières, Abubaker sortit de la maison et dit Après avoir vu le Prophète dans son lit : « Ô toi qui jures par Allah de la sorte, Modère la fureur, Omar, qui te transporte ! Si votre dieu est Mahomet, il est mort, Et Allah est le seul dieu éternel et fort. » Et Abubaker, dans sa sagesse parfaite, Récita : « Mahomet, croyants, n’est qu’un prophète, Et d’autres messagers sont venus avant lui. S’il mourait ou était tué aujourd’hui, Renieriez-vous la foi ? Vous ne sauriez nuire À Allah, vous rappelant, afin de vous instruire, Qu’il ne récompense que ceux qui ont la foi. » On crut entendre pour la première fois Ces versets du Coran, que tous pourtant savaient, |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
mardi 8 décembre 2020
La mort du Prophète
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