mardi 22 décembre 2020

La dette

la dette

Ô mon fils ! ce qui n’aurait que le poids d’un grain de moutarde, fût-il caché dans l’antre d’un rocher, au ciel ou sur la terre, sera produit par les mains de Dieu, parce que rien n’échappe à sa pénétration. (Coran, 31, 16)

Autrefois un homme du peuple d’Israël
Demanda à l’autre, au nom de l’Éternel,
De lui prêter mille dinars. Or la somme
Était considérable. Le deuxième homme
Répondit au premier qu’il avait besoin
Pour qu’il lui prêtât cet argent, d’un témoin.
« Dieu sera mon témoin », lui dit alors l’autre.
« As-tu une caution ? » « Dieu, qui est notre maître,
Est ma seule caution. » Le prêteur était pieux.
Dès qu’il eut entendu le nom béni de Dieu,
Il donna les mille dinars. Une date
Fut bientôt fixée, aux deux parties adéquate.

L’emprunteur alla, pour quelque besogne à lui,
En mer. Il gagna de l’argent. « C’est aujourd’hui,
Se dit-il un jour, qu’il faut payer ma dette ! »
Il chercha un bateau, une embarcation prête
Pour revenir chez lui. Rien ! Alors aux abois,
Il prit désespéré, un long tronçon de bois,
Le creusa, y cacha l’argent dans du verre
Avec une lettre au prêteur sur ce mystère.
Il alla au rivage et s’écria : « Seigneur !
J’ai demandé mille dinars à mon prêteur,
Il me les a donnés car il te vénère.
Tu sais que j’ai cherché en vain, l’âme amère,
Un bateau afin de retourner chez moi.
Dieu, je te confie cet argent avec foi. »
Il jeta le tronçon de bois dans les ondes.

Le prêteur, avec une inquiétude profonde,
En contemplant la mer à l’aspect affligeant,
Attendit qu’un bateau vînt avec son argent.
Rien ne vint, cependant. Il oublia l’affaire,
Et étant aussi bien un époux qu’un père,
Alla couper du bois pour sa famille. Il vit
Tout à coup, le tronçon de bois, et il le prit,
Voulut le couper, et grâce à Dieu, de tout maître,
Y trouva les milles dinars et la lettre.
Quand l’emprunteur revint chez lui, il courut voir
Son prêteur, s’écriant : « J’ai fait mon devoir !
Je jure par Dieu que, loin de cette terre,
J’ai cherché partout un bateau salutaire !
Voici ton argent, prends-le. » L’autre sourit. « Sois
Tranquille, dit-il, car j’ai ton tronçon de bois. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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