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barsissa et le diable Semblables à Satan qui prêche l’infidélité aux hommes, lorsqu’ils ont apostasié, il ajoute : Je suis innocent de votre crime ; je crains le souverain de l’univers. Ils éprouveront nos châtiments. Les brasiers de l’enfer seront leur demeure éternelle. Tel est le sort des scélérats. (Coran, 59, 16-17) Barsissa, un moine que Satan tourmentait Et avec ses ruses innombrables tentait, Vivait loin du monde, dans son monastère, Depuis soixante ans en ces lieux austères Jeûnant souvent, priant toujours et adorant Dieu. Un jour le moine vit, sous le soleil radieux, Parler à ses moutons une jeune bergère. L’odeur de ses bêtes, que la brise légère Portait jusqu’à lui, lui semblait un doux parfum, Il la regardait comme un homme qui a faim Regarde un banquet, et était épris d’elle. « Reste à ta misère, misérable, fidèle ! Lui murmurait le diable, et dans ta cruauté, Maudis ce que Dieu a fait de mieux : la beauté ! Tu n’a jamais aimé, cœur grossier et infâme ! Pourquoi penses-tu que Dieu a créé la femme ? C’est pour que l’homme las de ses ténébreux jours Puisse trouver un peu de bonheur et d’amour ! Qu’elle est belle, cette bergère ! qu’elle est belle ! Parle-lui, elle ne te sera pas rebelle, Elle se donnera à toi, car à ses yeux Il est doux d’obéir à un homme de Dieu. Elle te plaît, et toi aussi tu vas lui plaire ! » Le moine s’écriait dans l’ombre, avec colère : « Au nom du Seigneur, va-t’en d’ici, démon ! » Mais son esprit errait dans les bois et les monts Et sa passion chaque jour devenait plus forte. La bergère, une nuit, vint frapper à sa porte. Elle lui dit avec candeur : « Il se fait tard Et je ne trouve pas mon chemin. » Le vieillard Contemplait avec feu cette jeune femme, Et il ne songeait plus au salut de son âme. « Dans ton monastère pourrais-tu m’héberger ? » Demanda la bergère. Elle était en danger Mais ne le savait pas dans son innocence. Barsissa abusa d’elle avec violence Et pensa à cacher son crime avec émoi. « Cette femme est peut-être enceinte de toi, Lui dit le diable, et on va percer ce mystère. Il faut que tu la tues et que tu l’enterres. Tout te parle en baissant la tête avec respect, Jamais tu ne seras au nombre des suspects ! » Barsissa écouta le conseil du diable, Et commit, cette nuit, deux crimes effroyables. La pauvre femme avait quatre frères. Satan Leur dit dans leur sommeil, après avoir pourtant Aidé le moine, comment leur sœur fut morte En ayant poussé de Barsissa la porte, Et leur indiqua où son tueur l’enterra. À leur réveil tous fort inquiets, l’un d’eux jura Avoir, dans son sommeil, eu une vision claire, Et la leur raconta. Les trois autres frères Jurèrent l’avoir eue. Que faire ? Avec effroi Ils allèrent conter cette affaire à leur roi. On ne tarda pas à trouver la victime, Et il fallait punir Barsissa de son crime. Le diable alla au moine et lui dit : « J’ai conté Ton forfait à tous, mais je peux, dans ma bonté, Te sauver comme je t’ai perdu. Ton remède ? Prosterne-toi devant moi pour que je t’aide. » Barsissa avait si peur qu’il oublia Dieu Et qu’il obéit à son ennemi odieux. Le roi le fit tuer. Il mourut infidèle, |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
lundi 21 décembre 2020
Barsissa et le diable
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