mardi 15 décembre 2020

La conversion de Hamza

la conversion de hamza

Celui qui était mort, et à qui nous avons donné la vie et la lumière, pour se conduire parmi les hommes, sera-t-il semblable à celui qui est plongé dans des ténèbres, d’où il ne sortira point ? Le crime s’embellit aux yeux des pervers. (Coran, 6, 122)

Abou-Jahl, en allant à la Kaaba, un jour,
Où il retrouvait tous ses vieux amis, autour
De la maison qui fut par Abraham construite,
Vit le Prophète et se mit à sa poursuite.
Comme cet ennemi de Dieu le détestait,
Il marchait derrière lui et il l’insultait.
Le Prophète, insensible à cette violence,
Ne répondait point et gardait le silence.
Abou-Jahl, courroucé, dans sa sinistre main
Prit une pierre qui était sur le chemin
Et assena avec cette pierre au Prophète
Un coup violent, qui lui ensanglanta la tête.
Une femme avait vu tout ce que nous voyons.

Hamza, rentrant de chasse, avait l’odeur des lions
Et des bêtes fauves du désert immense.
Son arc était sur son dos. Pour conter l’offense,
La femme courut à lui. Hamza, irrité,
Lui demanda : « Femme, est-ce la vérité ? »
Elle répondit : « Oui, par Dieu je le jure ! »
Hamza ne pouvait point supporter ces injures,
Car le Prophète était son neveu. Il finit
Par trouver Abou-Jahl, qui s’était réuni
Avec des amis de sa tribu. En colère,
Il descendit de sa monture altière,
Alla à Abou-Jahl, devant lui s’arrêta,
Le regarda, prit son arc, sur lui se jeta
Et le blessa d’un coup puissant à la tête.
Il s’écria d’une voix de tempête :
« Faquin ! Comment oses-tu insulter Mahomet ?
À sa religion, moi, Hamza, je me soumets,
Et je dis ce qu’il dit. Ose donc me rendre
Mon coup ! » Stupéfaits de ce qu’ils venaient d’entendre,
Les Banu-Makhzoum, clan d’Abou-Jahl, courroucés,
Tirèrent leurs épées, et pour les repousser
Les Banu-Hachem, clan de Hamza, brandirent
Eux aussi leurs armes. Les deux entendirent
Toutefois, Abou-Jahl s’écrier : « Assez !
Oui, j’ai insulté son neveu quand il passait ! »
Et ce jour-là, tous les infidèles surent
Que le Prophète avait sa forteresse sûre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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