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bête à bars
Tous les soirs,
hirsute comme un patriarche,
Il noie sa
tristesse dans sa coupe sans fin,
Mer orageuse où
il semble chercher une arche,
Emplie des épaves
de ses vaisseaux défunts.
Il contemple la
rue et tout ce qui passe,
Son esprit est
absent et son regard perdu,
Et de toute la
vie son âme est si lasse
Qu’il se serait,
s’il n’y avait pas l’alcool, pendu.
Sa femme l’a quitté
– cela fait des années,
Son fils ne se
souvient même plus de son nom,
Sa jeunesse
depuis fort longtemps s’est fanée
Et toutes les
femmes lui ont déjà dit non ;
Jamais saoul à
force d’avoir l’habitude,
Rien ne délie sa
langue et n’égaye son cœur,
Et il rentre
chez lui, à sa solitude,
Vaincu par le
destin qui est toujours vainqueur.
On l’appelle
bête à bars, vaurien, l’ivrogne,
Et tout le monde
rit de son cœur déchiré,
Il n’a pas d’amis
et ne parle pas, mais grogne,
Comme un loup ou
un chien, quand il est inspiré.
Il est là donc
qui boit, dans un bar minable,
Minable comme
lui et comme ses vieux jours,
Qui crache par terre,
sur la terre et le diable
Et fume comme
une cheminée ou un four.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
samedi 7 mars 2020
Bête à bars
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