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LEs CŒURS sans rêves
Les cœurs où les tempêtes sont venues
Vieillissent comme les têtes chenues
Des patriarches et des vieillards
Qui marchent dans l’abîme ou le
brouillard.
Bientôt, l’invincible lassitude
Nous tourmentera comme d’habitude
Et nous fera oublier, affamés,
Les noms de ceux que nous avons aimés
Et de nos amours les beaux visages ;
Plus résignés, désormais, et plus sages,
Nous songeons à nos chimères d’hier,
À ces vertiges dont nous fûmes fiers,
À ces enchantements, à ces aurores
Qui loin de nous reluiront encore,
Et à tout ce que nous avons été,
Comme l’on songe, l’hiver, aux jours d’été,
Et dans le désert on pense à la brise.
Souvent, la vie nous berce et nous
brise,
Pareille à l’enfant sombre et capricieux
Qui casse ses jouets, toujours furieux,
Et jamais content de ce qu’on lui offre ;
Il suffit de peu pour que l’homme
souffre,
Comme il suffit d’un petit feu songeur
Pour allumer l’incendie ravageur,
Comme il suffit que s’éteigne une étoile
Pour que le monde de nuit se voile.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
vendredi 3 janvier 2020
Les cœurs sans rêves
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