dimanche 5 janvier 2020

La vision d'un reclus

La vision d'un reclus 

Seul dans l’ombre pesante et éternelle,
Fardeau hagard qu’il porte avec la nuit,
Il voit l’heure ailée qui dans le ciel fuit
Telle une insaisissable hirondelle,

Il voit des fleurs s’ouvrir dans les ténèbres,
Portes immenses d’un monde sans fin
Qui font entrer les rêves et les parfums
Et rendent l’existence moins funèbre ;

Il voit des femmes aux robes légères
Danser dans la profonde obscurité
De son esprit par les spectres habité,
Filles d’Aphrodite et de Mégère ;

Il entend gronder des mers sans ondes
Qui conduisent à des rivages lointains
Les voiles sur lesquelles le destin
Souffle dans sa sagesse profonde,

Les harmonies céleste et infernales,
Les chœurs des anges et aussi des démons
Qui chantent dans le ciel et sur les monts
Leurs lugubres poésies finales,

Et tout cela se confond dans son âme
Emplie d’horreurs et de ravissements,
Comme une seul ombre et un seul bruissement,
Les heures, les fleurs, les mers et les femmes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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