samedi 23 novembre 2019

Les Sirènes de tout le monde

Les sirènes de tout le monde

Chacun entend, au fond de son âme,
Cette voix qui le conjure avec flamme
De se jeter dans l’abîme béant
Peuplé de monstres abstraits et géants
Et d’immenses désirs cachés dans l’ombre ;
Dans la vie nous passons, marins sombres,
Et nous écoutons ces envoûtements,
Ivres de bonheurs et d’enchantements
Et prisonniers d’une toile antique
Emplie de couleurs et de musiques.
Souvent, pour consoler nos cœurs amers,
Nous contemplons les ondes de la mer
En attendant, moins prudents qu’Ulysse,
Qu’une créature enfin en surgisse,
Le sourire radieux, le front doré,
Qu’on adore et dont on est adoré
Et qui pour nous sort de la mer maussade.
On attend la sirène et la naïade
Auprès d’une rivière ou près d’un flot ;
Notre désir va-t-il jaillir de l’eau ?
On le veut, on l’ordonne, on l’espère,
Il aura la chevelure prospère
Et les yeux profonds comme des tombeaux,
À la fois doux et terrifiant et beau.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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