dimanche 1 septembre 2019

Le culte de la poussière

LE culte de la poussière

La poussière comme le soleil se lève
Et elle couvre nos livres et nos rêves
Usés par la griffe du temps, vieux tous les deux,
Oubliés dans un coin bien sombre et bien hideux
De notre bibliothèque ou de notre conscience,
Où l’araignée tisse sa toile avec patience.
La poussière remplit notre esprit de brouillard,
Nous y errons, à la fois éblouis et hagards,
Dans les chemins charmants de notre jeunesse
Où la petite fleur pousse avec paresse
Et où l’herbe fraîche pour nous reluit et croît.
En vieillissant avec les je doute et je crois,
Nous allons, victimes tragiques et altières,
Dans un brouillard plus lourd que l’acier et la pierre,
En cherchant, mais en vain, une destination ;
Nos souvenirs, jadis plus grands que les nations,
S’envolent, et chaque fois que le vent médite,
Notre être lentement se casse et s’effrite :
Plus de bras, plus de cœur ! avec solennité
Nous marchons encore, calmes et amputés,
Poussière nous-mêmes, choses minuscules
Qui troublent le répit du grand crépuscule.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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