samedi 31 août 2019

Le pays brûlé

Le pays brûlé

Souvent, j’erre loin de moi-même
Dans un pays immense et calciné,
Pareil à un malade abandonné
Au lit, et qui a le visage blême.

Le feu a dévoré la verdure
Comme un rêve qui grandit et a faim,
Et la cendre, vaste nuit sans fin,
Est tout ce qui reste de la nature,

Le soleil est couvert de poussière
Comme un vieux livre, et on ne peut le voir,
Quand il fait jour, on marche dans le soir,
Et le monde est sans joie et sans lumière,

Sinistre maison, l’affreux crépuscule
Est habité par des démons moqueurs,
Et la forêt bat comme un pauvre cœur
En faisant des gestes ridicules.

Ce pays est une vaste brûlure,
Et la Colère avec son grand flambeau
Embrase tout ce qui est jeune et beau :
Les fleurs, les printemps et les murmures,

Pour ne laisser qu’un vague déchet sombre
Comparable à nos souvenirs les plus chers,
Dont la noire fumée monte dans l’air
Qu’elle emplit de poison et emplit d’ombre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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