lundi 27 mai 2019

Le marbre monde

LE marbre monde

Maintes fois, quand je les contemplais en rêvant,
Il m’a semblé que les statues étaient vivantes,
Et dans leur solitude elles souriaient souvent
Éternellement, avec amour et épouvante.

Leurs sourires glacés et leurs larmes de sel
Pétrifient toutes les émotions humaines,
Leurs cœurs sont plus pesants que les cœurs des mortels
Et ne peuvent être emplis de nos choses vaines ;

L’humanité passe devant leurs yeux pensifs :
Les jeunes amoureux et les vieux solitaires,
Comme l’onde passe sur l’antique récif
Indifférent à ses caresses et austère.

Elles posent et contemplent et ne font jamais rien,
Figées dans l’éternel moment parallèle,
Et semblent se souvenir d’un long baiser ancien,
Quand leurs bouches savaient les paroles mortelles,

De quelque lourd secret qui leur fut chuchoté
Un jour par Pygmalion, Orphée ou Aphrodite,
Sur la forme, la poésie ou la beauté,
Que depuis des siècles leur esprit médite.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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