dimanche 4 juin 2017

Conte: La Grenouille enchantée (Partie VII)

CONTE: LA GRENOUILLE ENCHANTÉE (PARTIE VIi)


VII. Ce que la grenouille s’avéra être, et comment les deux frères de Siegfried furent confondus

Siegfried, ébloui par tous ces changements subits
Et de se voir couvert de soie et de rubis,
Se laisse conduire, croyant qu’il rêve et dort,
Devenu un seigneur tout appesanti d’or.
La princesse, elle aussi vêtue avec faste
Et d’une façon à la fois auguste et chaste,
Dit à son bien-aimé : « Ton père veut savoir
Qui a la plus belle fiancée ; allons le voir. »
Ils partent avec une magnifique escorte,
On accourt aux fenêtres, on accourt aux portes,
Pour voir ces visiteurs royaux et mystérieux.
Les frères de Siegfried font partie des curieux,
Ils le voient, toutefois sans le reconnaître,
Et Siegfried aperçoit aussi à leurs fenêtres
Leurs fiancées, grossières maritornes, laiderons
Qui à mourir d’ennui un jour les aideront,
Et il les plaint, malgré leur scélératesse,
D’avoir pour épouses la peine et la tristesse.
Le carrosse royal, des palais coutumiers,
S’arrête enfin devant la maison du fermier,
Et la princesse y veut passer la nuit. « Ma belle,
Lui dit Siegfried, je n’y suis point, certes, rebelle,
Mais mon bon père vit sous un bien humble toit
Qui ne convient pas aux princesses comme toi. »
Mais la princesse, aussi modeste que sage
Et dont l’âme est aussi belle que le visage,
Lui répond : « Ne sois pas inquiet, mon amour.
J’y passerai, si tu veux, le reste de mes jours. »
Son cuisinier prépare un grand souper. Très vite
Ses serviteurs, suivant ses ordres, invitent
Tous les voisins, qui viennent avec empressement.
La princesse sourit et converse doucement
Avec les convives que sa bonté étonne.
Les frères de Siegfried avec leurs laideronnes
Arrivent et la saluent affectueusement.
La princesse les regarde dédaigneusement   
Et demande au fermier, devant le joyeux groupe
D’invités : « D’où vous vient cette belle coupe
Si finement ciselée, et cette nappe-là ? »
« De mes deux fils », répond-il. « Vos deux fils, hélas,
Reprend la princesse, ne sont que des traîtres,
Et ils les ont volées à Siegfried, leur maître. »
Le jeune seigneur se lève au même moment
Et embrasse son père ébloui en se nommant.
Confus et confondus, les deux frères coupables
Baissent honteusement la tête et quittent la table.

Après cette fête, Siegfried devint l’époux
De la noble et belle princesse aux charmes doux
Qui retourna avec lui et son beau-père
A son grand royaume, béni et prospère,
Avec le jeune roi, de tant d’amour l’objet,
Régnant loyalement sur ses nombreux sujets.  

[FIN DU CONTE : LA GRENOUILLE ENCHANTÉE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sur cet article: