vendredi 2 juin 2017

Conte: La Grenouille enchantée (Partie V)

CONTE: LA GRENOUILLE ENCHANTÉE (PARTIE V)


V. La troisième épreuve 

Siegfried fait son devoir, comme d’habitude
S’enivrant de repos et de solitude.
A la fin de l’année, son hôtesse au bon cœur 
Vient le voir, et elle lui dit avec douceur :
« Tu ne m’as point déçue ; je veux aussi te plaire.
Dis-moi, pour ton travail tu veux quel salaire ? »
Siegfried ne répond pas. La grenouille reprend :
« Je sais ce qu’il te faut. », et revient, lui offrant
Une magnifique coupe en argent, pesante
Et comme une étoile dans le ciel luisante,
Ciselée par de grands maîtres des temps passés.
Siegfried la remercie, ébloui. Le cœur blessé 
De la vilénie de ses scélérats de frères,
Il voudrait retourner, sans les voir, chez son père,
Mais des inondations lui font changer d’avis
Et prendre le même chemin qu’il a suivi.
Il marche et cherche en vain un gîte salutaire,
La brasserie semble le seul endroit sur terre
Qui puisse l’accueillir ; il en est affligé
Mais d’y passer la nuit se voit obligé.
Il y entre : ses deux frères font la fête,
Et il les éblouit par sa coupe parfaite
Alors que les leurs sont rouillées et sans valeur.
Ces brutes lui font subir le même malheur
Et montrent la belle coupe de rayons pleine,
En lui disant qu’ils l’ont gagnée pour leur peine,
A leur père qui les félicite et leur dit :
« La fortune, semble-t-il, toujours vous sourit.
Maintenant il vous faut refaire le voyage, 
Trouver une belle fiancée et bon mariage. »
Siegfried lui demande lui aussi de partir.
« Quoi ! s’écrie le père ; je n’y puis consentir !
A ton âge vouloir épouser une femme ! »
« Je suis jeune, mais j’ai un cœur et une âme,
Répond doucement Siegfried, et mon père, je crois  
Que j’aimerai si vous m’en accordez le droit. »
« Eh bien ! dit le père, pars, cherche, médite.
Tu te lasseras et tu reviendras vite. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

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