dimanche 7 juin 2020

Re-Le sylphe

RE-le sylphe

D’après le poème  « Le sylphe» de Charles Dovalle (1807 – 1829), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

L’aile ternie et de rosée humide,
Sylphe inconnu, parmi les fleurs couché,
Sous une feuille, invisible et timide,
J’aime à rester caché.

J’aime, loin des hommes et des choses,
De ce qui a des yeux ou un esprit,
Être sous les pétales d’une rose,
De mon repos épris ;

Tranquille comme les statues de marbre
Qui portent un nom poétique et abstrait,
Être assis dans les branches d’un arbre
Que caresse un vent frais ;

Contempler les amoureux et les bêtes
Qui passent sans faire le moindre bruit,
Et pour apaiser leur solitude inquiétude,
Faire tomber un fruit.

Invisible et léger comme une brise,
Quand j’entendrai de vagues grondements,
Je me cacherai des nuées grises
Et je chanterai doucement

Dans le creux d’un chêne centenaire
Qui, tant qu’il pleuvra, sera ma maison,
À l’abri de l’éclair et du tonnerre
Et des froides saisons.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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