mardi 9 juin 2020

Re-Ultima Verba

RE-utlima verba

D’après le poème  « Ultima Verba » de Léon-Pamphile Le May (1837 – 1918), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Mon rêve a ployé l’aile. En l'ombre qui s’étend,
 Il est comme un oiseau que le lacet captive.
Malgré des jours nombreux ma fin semble hâtive ;
Je dis l’adieu suprême à tout ce qui m’entend.

Je ne partirai pas avant que de rugir
Comme un vieux lion qui dans son antre s’éveille,
Et du sang des vilains les griffes vermeilles,
Plongées dans leurs âmes, je les ferai rougir !

Je vais crier dans les oreilles et l’esprit
De l’ignorant, du fat et de l’hypocrite,
Maintes malédictions autrefois écrites
Pleuvront, comme d’un ciel sombre, de mes écrits.

Maintes bénédictions, aussi, vont rayonner
Pour ceux que j’ai aimés et pour ceux que j’aime,
Car ils sont dans mon cœur et dans mes poèmes,
Et comme ils me sont chers, je veux leur pardonner.

Je ne me lasserai jamais de les chérir,
Jamais je n’oublierai leurs noms et leurs visages,
Quant à mes ennemis, tel l’océan en rage
Je tomberai sur eux et les ferai souffrir,

Dans mes flots immenses ils seront engloutis !
Le Foudre à la main droite, à la gauche une rose,
Je murmurerai et je crierai des choses,
Et mes mots resteront quand je serai parti.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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