mercredi 27 mai 2020

Re-Le mystère

RE-le mystère

D’après le poème  « Le mystère » de Jean Lahor (1840 – 1909), duquel je ne garde ici que les deux premiers vers.

Ô nuit, ô belle nuit, pâle comme sa chair :
Je rêve au passé mort, je rêve au passé clair...
Et je revois son beau visage dans tes ondes,
Quand je viens soupirer, seul et loin du monde,
Sous tes étoiles et près de tes ruisseaux noirs,
Sans qu’aucun mortel ne puisse m’entendre et voir.
Tout devient plus profond, tout devient plus immense,
L’arbre rêve, l’herbe songe et le ciel pense
À quelque chose de grand et de mystérieux,
Une ineffable paix soudain descend des cieux,
Pareille à une pluie sombre et bienfaisante
Qui fait tomber sur moi ses gouttes luisantes
Dont mon cœur s’enivre comme d’un doux nectar !

L’heure ailée s’envole. Il fait beau et il est tard.
Je resterai ici, mon lit sera l’herbe
Et ma confidente la lune superbe
Qui se meut dans le ciel sur son char lumineux.
Je contemplerai les sommets vertigineux
Du firmament, cette lointaine montagne,
Loin de la ville, je demeurerai dans ce bagne
Où on voit les âmes des poètes bannis.
Perdu dans ce monde nocturne et infini,
J’oublierai jusqu’au nom de la créature
Dont le souvenir tout le jour me torture.



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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